Paris dénonce la mort d’un journaliste en prison

PARIS, 23 avr 2010 (AFP) – La France demande que la "lumière soit faite" sur la mort en prison du journaliste camerounais Bibi Ngota et est attentive au sort d'une avocate, Lydinne Eyoum, détenue sans jugement dans la même prison de Yaoundé, a annoncé vendredi le ministère des Affaires étrangères.

"La France ne peut que déplorer le décès d'un journaliste en prison où que ce soit et quelles que soient les charges retenues contre lui", a dit lors d'un point de presse le porte-parole du Quai d'Orsay Bernard Valero.
   Il était interrogé sur le décès jeudi du directeur du journal Cameroun Express, apparemment faute de suivi médical apporté à son asthme et son hypertension, selon sa famille.
   Bibi Ngota avait été écroué en mars avec deux autres journalistes, Serge Sabouang (La Nation) et Robert Mintsa (Le Devoir), pour "faux et usage de
faux".
   Les autorités françaises "espèrent que les autorités camerounaises feront toute la lumière sur les circonstances du décès de M. Ngota", a ajouté le
porte-parole.
   Par ailleurs, la France "suit avec attention" le sort de l'avocate camerounaise Lydienne Eyoum, mariée à un Français, en détention provisoire depuis début janvier à la même prison de Kondengui de Yaoundé, a dit M. Valero.
   L'ambassadeur de France, Bruno Gain, l'avait reçue avec son mari avant son incarcération et a rencontré très récemment le ministre des affaires étrangères, Henri Eyebe Ayssi, pour qu'elle "bénéficie de conditions de détention conformes aux normes internationales", a-t-il précisé.
   Lydienne Eyoum a été placée en détention provisoire le 8 janvier 2010, et "elle est incarcérée dans le cadre d'une affaire de détournement de fonds
publics", selon le porte-parole.
   La justice camerounaise enquête sur ce dossier et a également saisi la justice française, selon M. Valero.
   L'avocate de Mme Eyoum, Caroline Wassermann, a pour sa part affirmé que sa cliente "n'a toujours pas été auditionnée trois mois et demi après avoir été arrêtée" et que sa détention provisoire ne respectait pas la présomption d'innocence.
   Dans un communiqué adressé vendredi à l'AFP, Me Wassermann écrit que l'infraction présumée reprochée à Mme Eyoum et que celle-ci conteste "consiste en des mouvements bancaires dont les justificatifs existent et ne peuvent être altérés".
   Pour l'avocate, "il s'agit dans cette affaire d'un règlement de compte direct orchestré par M. Amadou Ali, actuel garde des Sceaux camerounais, à
l'encontre de ma cliente, ce qui n'est pas tolérable dans un Etat de droit".’

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