L’ex-avocat Karim Achoui en garde à vue

PARIS, 11 mars 2010 (AFP) – Karim Achoui, 42 ans, suspendu en 2009 de ses fonctions d'avocat, a été placé jeudi en garde à vue dans une affaire d'extorsion de fonds, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

   Il se trouvait jeudi matin dans les locaux des enquêteurs de la section de recherches de gendarmerie de Versailles (Yvelines), a précisé la source, et devrait être présenté à un magistrat à l'issue de sa garde à vue "aux fins de mise en examen" en l'état des investigations.
   Les enquêteurs agissent dans le cadre d'une information judiciaire ouverte à Pontoise (Val d'Oise), selon la même source.
   L'ex-avocat est entendu dans le cadre d'une information judiciaire ouverte pour "extorsion de fonds en bande organisée". Il est reproché à l'ancien pénaliste, dans une affaire de prêt d'argent, d'avoir fait intervenir le "milieu afin de régler un contentieux".
   Des perquisitions ont ponctué cette garde à vue, a ajouté la source.
   M. Achoui a été condamné fin 2008 à sept ans de prison pour complicité dans l'évasion en 2003 de son client, le braqueur Antonio Ferrara.
   Il a tiré un livre de son expérience carcérale dont le titre fut son numéro d'écrou.
   Il a fait appel de cette condamnation et été libéré sous caution il y a un an. Le procès devrait avoir lieu d'ici l'été à Paris.
   Blessé par balles par un inconnu en sortant de son cabinet à Paris le 22 juin 2007, Karim Achoui a notamment été l'avocat des frères Hornec, considérés par les policiers et les gendarmes comme des parrains du milieu et aujourd'hui
écroués.
   L'ancien avocat avait repris en juillet 2009, à travers sa société Amadore, le groupe PPG éditeur des magazines Dandy, Enjoy et Pointures, selon un communiqué qui avait été diffusé par cette société.
   Karim Achoui a toujours eu la réputation sulfureuse de payer sa trop forte proximité avec ses clients du grand banditisme sur laquelle on lui a reproché d'avoir bâti une réussite professionnelle fulgurante.
   Ancien défenseur de minorités telles les Témoins de Jéhovah, devenu un pénaliste réputé, il était définitivement sorti de l'anonymat lors de la tentative d'assassinat de 2007.
   Un traumatisme qu'il a raconté dans un livre paru en 2008, "L'avocat à abattre", qu'il rêve toujours de voir adapté au cinéma.
   Il y développe la thèse selon laquelle des rancoeurs tenaces auraient poussé "une frange de la police" à suggérer son meurtre à une bande de malfaiteurs.
   Né le 10 octobre 1967 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) dans une famille d'origine kabyle, Achoui décrit souvent son enfance comme s'étant déroulée dans un environnement où se mêlaient goût de l'effort et désir de réussite.

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