L’ancien président de la CCI de Montpellier, Gérard Borras, mis en examen pour corruption

MONTPELLIER, 26 oct 2007 (AFP) – L'ancien président de la chambre de commerce et industrie de Montpellier, Gérard Borras, a été mis en examen vendredi pour favoritisme et corruption passive, a-t-on appris auprès du parquet de Montpellier.

   Il lui est reproché d'avoir abusé de ses fonctions à la tête de la CCI pour favoriser des promoteurs, en échange notamment de commandes pour sa propre entreprise.  Ainsi en 2001, la CCI a cédé quatre immeubles lui appartenant au groupe Océanis Promotion, "à un prix inférieur au prix des domaines". Océanis Promotion, qui avait immédiatement revendu ces bâtiments, en avait tiré dix millions de francs de plus-value.  Or dans le même temps, la société de matériel de bureau, Littoral Bureau Système, dont M. Borras est propriétaire, a commencé à engranger des commandes importantes de la part d'Océanis Promotion. En outre, Océanis Promotion a pris une participation dans la société de M. Borras et sponsorisé le club de volley-ball présidé par M. Borras.

   M. Borras, qui a démissionné de la CCI en septembre, est par ailleurs soupçonné de favoritisme dans l'extension de la zone de fret de l'aéroport de Montpellier. La CCI qui voulait y créer une zone d'activité, a lancé un appel d'offre le 9 juin 2004 dans un seul journal avec un délai de huit jours seulement pour y répondre, a indiqué le parquet. Deux sociétés étaient en lice, dont celle de Jean-Marc Leygue, Languedoc Terrains.  C'est cette dernière qui obtient le marché en septembre 2004. Or quelques mois auparavant, M. Borras avait réalisé une forte plus-value en achetant et revendant un immeuble par l'intermédiaire de Languedoc Terrains. Une opération réitérée en 2006.

   Languedoc Terrains a par ailleurs commandé pour 156.000 euros de matériel à la société de M. Borras et versé 358.000 EUR de subventions à son club de volley entre avril 2004 et 2006. Selon le parquet, M. Leygue, également mis en examen vendredi, pour corruption active et recel de favoritisme, a reconnu tous les faits tandis que M. Borras a admis l'avoir aidé à obtenir le marché de l'aéroport. Les deux hommes ont été placés sous contrôle judiciaire. Quant au propriétaire d'Océanis Promotion, il n'a pas répondu à la convocation de la justice et reste "introuvable", selon le parquet.

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