Il avait détourné l’argent des détenus: 10 mois de sursis pour le surveillant

DIJON, 1 sept 2010 (AFP) – Un ancien surveillant du centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand (Saône-et-Loire) a été condamné mercredi à 10 mois de prison
avec sursis par le tribunal correctionnel de Dijon pour avoir détourné 90.000 euros auprès d'une association socio-culturelle alimentée par les détenus.

 Cet agent, "expérimenté" et "bien investi", avait pris en 2001 la présidence de l'association socio-culturelle départementale (ASCD) du centre pénitentiaire, qui organise des activités pour les détenus. Elle est principalement alimentée par l'argent versé par les détenus pour la location d'une télévision (24 euros par mois) ou d'un réfrigérateur (9 euros par mois).
   Il a expliqué au tribunal avoir commencé ces détournements, qui se sont étalés de mai 2005 à mai 2009, à la suite d'un problème de couple.
   "Fin 2004, j'ai trouvé ma femme dans les bras d'un autre homme. Ca a été une brisure. J'ai voulu acheter l'amour en lui montrant que j'étais autre chose qu'un maton", a déclaré cet homme, qui a divorcé depuis.
   Les sommes détournées, intégralement remboursées depuis, servaient notamment à acheter des fleurs, des bijoux et des cadeaux.
   La présidente du tribunal a souligné le manque de contrôle au sein de 'association et le fait que le trésorier n'exerçait pas ses activités, ce qui
a permis au prévenu d'avoir "les mains libres".
   Me Jean-Baptiste Mathieu, l'avocat de l'ASCD, qui s'est constituée partie civile, a dénoncé "l'ombre jetée sur la profession pénitentiaire" et le "malaise" suscité par les agissements de l'ex-surveillant.
   Le procureur de la République, Eric Lallement, a qualifié les faits de "graves" car c'est "un fonctionnaire qui a trahi une association qui avait pour but de venir en aide aux prévenus". Il a requis une peine de douze mois de prison avec sursis.
   Ces détournements avaient été découverts lors d'un examen des comptes de l'association.
   L'ancien détenu François Korber, délégué général de l'association "Robin des Lois", qui dénonce depuis des mois le "racket" de la télévision en prison
et a écrit cet été à la Chancellerie pour réclamer la gratuité, était présent pour suivre ce procès "révélateur d'un système scandaleux", selon lui.

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