Des détectives, dont d’anciens gendarmes, comparaissent pour corruption

VERSAILLES, 8 mars 2010 (AFP) – Seize personnes, dont des détectives, d'anciens gendarmes, un commissaire de police et un contrôleur des impôts,comparaissent à partir de lundi devant le tribunal correctionnel de Versailles pour divulgation de données confidentielles et corruption.

Des détectives privés, dont d'anciens gendarmes reconvertis en agent privé de recherche, sont soupçonnés d'avoir obtenu en 2005 et 2006 des renseignements auprès d'un agent des impôts, d'agents EDF ou de mutuelles,d'un commissaire de police et aussi de gendarmes, dont trois travaillaient au Service Technique de Recherches Judiciaires et de Documentation (STRJD) à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).
   Ces trois derniers, qui ont chacun écopé de sanctions disciplinaires après leur mise en examen, ont dit lundi à la barre avoir agi "par amitié" envers d'anciens collègues et sans être "rémunéré". L'un d'eux, ancien chef de groupe au STRJD de 58 ans, concèdera avoir reçu un GPS, un pêle-pommes, des agendas ou encore des bouteilles de vin.
   Selon un autre militaire du STRJD, son service pouvait traiter "chaque jour 30 à 40 demandes" de renseignement provenant d'anciens gendarmes.
   Un ancien gendarme, devenu détective privé "par peur de s'ennuyer" durant sa retraite, a dit qu'il revendait ensuite les informations obtenues entre neuf et quinze euros, un complément à sa retraite estimé à "1.500 euros par mois avant impôts".
   Interrogé par le président du tribunal, Thierry Bellancourt, sur l'emploi d'un langage codé dans les conversations interceptées, le sexagénaire a dit que cet usage est "courant en police et gendarmerie".L'affaire avait été mise au jour lors d'écoutes téléphoniques dans un autre dossier portant sur l'enlèvement d'un jeune garçon dans lequel intervenait un détective privé dont la société est basée à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). Le procès est prévu jusqu'à vendredi.’

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