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PARIS, 23 fév 2009 (AFP) - Un juge du tribunal de Paris a rejeté lundi le référé déposé par une association française qui réclamait la suspension de la vente de deux bronzes chinois de la collection Yves Saint-Laurent.
En conséquence, la mise en vente de ces deux têtes de bronze (celle d'un rat et d'un lapin, provenant du sac du Palais d'été à Pékin en 1860) aura bien lieu comme prévu mercredi à 19H00, a précisé Me Jean-Paul Chazal, avocat de la maison de vente Christie's. Le tribunal avait été saisi par l'Association pour la protection de l'art chinois en Europe (Apace), basée à Paris, qui réclamait la suspension de cette vente et la mise sous séquestre des deux pièces évaluées entre 8 et 10 millions d'euros pièce. Dans ses motivations, le tribunal a estimé qu'il n'y avait "pas lieu à référé" (procédure d'urgence) dans cette affaire et que l'association Apace n'avait pas justifié à l'audience de son intérêt à agir pour demander la suspension de la vente. A l'origine, l'association avait également demandé que l'Etat français engage des négociations pour permettre la restitution des objets, en faisant jouer au besoin son droit de préemption mais elle a abandonné cette prétention à l'audience face à un avocat représentant le ministère de la Culture. Dans son jugement, le tribunal s'est déclaré incompétent pour délivrer une injonction à l'Etat. Dans ses réquisitions, le procureur avait dénoncé une procédure "cavalière et mal venue", un "détournement manifeste de procédure" réalisée par "une association qui ne représente qu'elle-même". Il avait conclu à l'irrecevabilité de la demande. "Le but de l'Apace était avant tout d'interpeller l'opinion publique sur le sort de nombre d'oeuvres chinoises qui ont été volées dans le passé, qui ont été vendues à l'occasion de trafics", a déclaré à l'issue de l'audience un des avocats de l'association, Me Romuald Sayagh, expliquant que ces pièces appartenaient "au patrimoine de l'humanité". Une avocate chinoise de l'association a tenu à préciser que son client n'était "pas été mandaté par la Chine" dans cette procédure. "L'affaire est suivie de prêt par la population et les médias chinois. Elle a créé un grand émoi en Chine", a argué l'avocat après avoir reconnu que Pierre Bergé et Yves Saint-Laurent avaient acquis ces biens "de bonne foi" et "légalement". Le chef londonien du service juridique de Christie's, présent à l'audience, s'est dit "favorable au principe du retour des oeuvres dans leur pays d'origine" estimant que "la vente aux enchères offrait cette possibilité". Jusqu'ici, Pékin a toujours refusé de payer s'arc-boutant sur une position de principe : le retour des pièces pillées. "La polémique autour de ces pièces risque d'effrayer les acheteurs et de faire baisser le prix de vente", estimait lundi un connaisseur du marché de l'Art qui n'excluait pas au final une acquisition par un proche de Pékin. Cinq têtes, de la même origine que les deux bronzes contestés, ont pu être récupérées ces dernières années par la Chine, achetées par le groupe Poly, conglomérat public dépendant de l'armée, et par le milliardaire hong-kongais Stanley Ho, notamment lors d'enchères. pr/sm/sd
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