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PARIS, 6 avr 2009 (AFP) - Les avocats des repreneurs de l'usine Samsonite de Hénin-Beaumont ont dénoncé lundi devant le tribunal correctionnel de Paris ce qu'ils ont qualifié de "mensonges" du parquet et des salariés, assurant que leurs clients avaient été jetés à la vindicte populaire alors qu'ils avaient tout tenté pour sauver le site du Pas-de-Calais.
On a fait "une présentation des choses qui n'a rien a voir avec ce qui s'est passé", s'est indigné Me Cédric de Kervenoaël, pour qui les prévenus, qui ont racheté l'usine Samsonite en 2005, ne sont "pas une bande de voyous qui a décidé de dépecer une entreprise". Pour l'avocat de l'ancien PDG Jean-Jacques Aurel, les salariés licenciés en 2007 une fois l'usine liquidée "avaient besoin de trouver des boucs-émissaires pour cristalliser leur colère". "Il est beaucoup plus facile de parler de patrons voyous que d'admettre que cette entreprise a périclité pour d'autres raisons, notamment conjoncturelles", a poursuivi l'avocat. "Quelle que soit la situation envisagée, elle ne pouvait plus être viable", a-t-il affirmé. "On est dans la déraison la plus totale", a appuyé son confrère, Me Eric Hemmerdinger, en brocardant "un lynchage annoncé". Mercredi, le parquet a requis trois ans ferme contre son client, l'ancien secrétaire général Jean-Michel Goulletquer, et deux ans ferme contre M. Aurel. M. Goulletquer n'en est pas à son coup d'essai: cet ancien dirigeant de la deuxième étude française d'administrateurs judiciaires a déjà été condamné pour banqueroute en 1999 à Nanterre à un an de prison avec sursis. Une condamnation devenue depuis définitive. Radié du corps des administrateurs judiciaires en 1997, il a depuis été mis en cause dans plusieurs autres affaires d'escroquerie, certaines pour lesquelles il a été placé en détention provisoire. Pour son avocat, ça n'en fait pas un coupable. "On veut trouver un responsable pénal à toute situation et on arrive en pleine folie!", a lancé Me Hemmerdinger. Le projet de reconversion dans le photovoltaïque, évoqué par les repreneurs en 2005, serait "un leurre"? Mais alors que dire "des armoires entières" de documents sur le sujet, s'est interrogé M. De Kervenoaël. "Ca, M. le procureur n'a pas été capable de les trouver. C'est extraordinaire!" "On veut aller au bout d'un scénario qu'on a bâti", a-t-il déploré, stigmatisant "une parodie d'instruction", le parquet ayant mené seul l'enquête. C'est "très mal pensant" de dire cela, a-t-il poursuivi, mais ce sont "les salariés qui se sont tirés une balle dans le pied" en refusant une proposition de préserver l'activité avec 80 des 205 salariés. Les repreneurs ne doivent pas être "un os à ronger", a-t-il conclu, avant de demander au tribunal "de résister à la colère des salariés". Décision le 8 juin. dom/mm/bg
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