|
PARIS, 4 mars 2009 (AFP) - Une centaine de prévenus, dont deux médecins, comparaissent depuis mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris pour une escroquerie à la Sécurité sociale estimée à quelque deux millions d'euros.
Les CPAM de Paris et des départements limitrophes reprochent à ces assurés d'avoir indûment perçu des indemnités journalières, entre 2000 et 2005, notamment en se faisant prescrire des arrêts maladie injustifiés. L'affaire, dite du "réseau yougoslave", ne pose pas grande difficulté, les prévenus, de simples prestataires pour la plupart, reconnaissant les faits et se déclarant prêts à rembourser les sommes indûment perçues. Mais pour l'avocat des caisses, Me Maher Nemer, "cette escroquerie à grande échelle a été rendue possible grâce à la complicité active des Dr Tahar et Kavaj", qui ont remis de faux certificats médicaux. A ses yeux, les deux praticiens, à qui il réclame de lourds dommages et intérêts, ont "bafoué la confiance publique inhérente à leur fonction". Le Conseil départemental de l'Ordre des médecins a d'ailleurs décidé de se constituer partie civile. Mercredi, l'avocat du Dr Tahar, Me Joseph Cohen-Sabban assurait que son client n'avait jamais reçu aucune contrepartie financière et qu'il n'était "pas un escroc". Il regrettait qu'avec ce dossier, on cherche à "frapper un grand coup symbolique", tout ça parce que "dans d'autres affaires, on a +raté+ les médecins". Comparaît également Selimir Ivanovic, considéré par l'accusation comme "l'initiateur du système et la courroie de transmission" entre les bénéficiaires frauduleux, les faussaires, qui leur ont fourni de fausses attestations, et les médecins. Alors que des dizaines de prévenus embouteillaient la 12e chambre, trop exiguë pour les accueillir confortablement, certains avocats de la défense assuraient qu'ils avaient été "manipulés" par les organisateurs de la fraude et dénonçaient l'insuffisance des systèmes de contrôle de la CPAM. Fin du procès prévue le 13 mars. dom/il/phi
|