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BOBIGNY, 12 mars 2009 (AFP) - Le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné jeudi soir à 16 mois de prison avec sursis le patron de plusieurs entreprises du bâtiment des Pavillons-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) aujourd'hui liquidées où quatorze travailleurs sans-papiers ont été salariés jusqu'en 2008.
Les ouvriers, dont certains étaient depuis plus de vingt ans au service de Roger Kakou, 77 ans, s'étaient mis en grève avec le soutien de la CGT le 15 juillet 2008 pour réclamer leur régularisation et dénoncé leurs conditions de travail. Ils affirmaient notamment avoir mélangé de l'amiante aux gravats de chantiers qu'ils déblayaient. Cet aspect du dossier fait l'objet d'une enquête disjointe des faits jugés jeudi par la 15e chambre. Leur ex-patron a été reconnu coupable de l'emploi d'étrangers sans autorisation de travail, travail illégal (en récidive) et prêt illégal de main d'oeuvre, entre 2004 et 2008. Il a en outre été condamné àune amende de 3.000 euros, comme son fils Charly, 54 ans, gérant de droit de deux des quatre sociétés familiales (Sanir, PLMT, CNMM et Transit 93). Aujourd'hui régularisés, "grâce" à M. Kakou, "un brave homme", "pas l'horrible escroc dépeint", selon son avocat Me Jean-Marie Hyest, les ex-sans-papiers africains ont été déboutés de leurs demandes de dommages (10.000 euros par personne). Après plusieurs mois de négociations, celui-ci avait accepté en octobre 2008 de remplir leurs dossiers de régularisation et la CGT avait retiré sa plainte. "Très satisfait" de "ses garçons", Roger Kakou a reconnu avoir su qu'ils étaient en situation irrégulière et n'avoir pas mis fin à leur contrat, comme il a admis diverses entorses au droit, multipliant par exemple ses sociétés pour ne pas dépasser le seuil de 10 salariés imposant une représentation syndicale et la taxe du 1% patronal. Pour la procureur Diane N'Gomsik, ce patron "escroc", plusieurs fois condamné pour travail illégal et non-respect des règles de sécurité au travail, a tiré financièrement "avantage" de l'emploi de "personnes en situation difficile", dont certains étaient également ses locataires (35 m2 loués 620 euros par mois). Elle avait requis 16 mois de prison, dont 10 mois avec sursis contre Roger Kakou et 3 mois avec sursis contre son fils. shu/bw
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