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Strasbourg : prison ferme pour l'escroc à l'annuaire professionnel |
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18-05-2010 |
STRASBOURG, 18 mai 2010 (AFP) - Le tribunal correctionnel de Strasbourg a condamné mardi à 24 mois de prison dont seize avec sursis un Allemand accusé d'avoir escroqué 470 professionnels qui pensaient renouveler leur abonnement aux Pages Jaunes en souscrivant à son annuaire en ligne.
Il a aussi été condamné à 30.000 euros d'amende, cinq ans d'interdiction d'exercer ainsi qu'à indemniser les 470 parties civiles dont le préjudice total est estimé à plus de 300.000 euros. Un an de prison ferme et 20.000 euros d'amende avaient été requis par le procureur Lydia Pflug à l'encontre de Benedikt W., 57 ans, jugé libre sous contrôle judiciaire. Annuaire CV, la société éditrice de l'annuaire en ligne, poursuivie en tant que personne morale, devra fermer. Créée en juin 2009, cette société qui a son siège à Strasbourg est une simple boîte postale, "une coquille vide sans salariés", "une pompe à fric", pour le président du tribunal Gabriel Steffanus. Selon l'accusation, les victimes recevaient par courrier un formulaire à en-tête jaune similaire à celui des Pages Jaunes sur lesquels figuraient leurs coordonnées. Elles pensaient renouveler leur inscription mais s'abonnaient en fait pour deux ans, soit 2.500 euros, un prix dix fois supérieur à celui du marché, selon la Direction de la concurrence et de la répression des fraudes. Entre juin 2009 et février 2010, 1.300.000 prospectus ont été envoyés en France --sauf en Alsace -- à des entreprises, des professions libérales, des administrations. L'enquête de gendarmerie a recensé 1.250 victimes dont 470 se sont constituées parties civiles. A la barre, le prévenu qui fait l'objet de plusieurs enquêtes outre-Rhin, a nié toute intention délictueuse, affirmant ignorer d'où provenaient les listings des professionnels à prospecter et contestant avoir voulu jouer sur la ressemblance avec les Pages Jaunes. "Dans le monde entier, tous les annuaires professionnels utilisent la couleur jaune", s'est-il justifié. Son conseil, Me Thierry Eder, avait plaidé la relaxe, affirmant que les formulaires d'abonnements ne comportaient "aucune ambiguïté".
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