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MARSEILLE, 26 fév 2009 (AFP) - Une sixième personne a été mise en examen à Marseille dans un dossier portant sur une vaste escroquerie présumée aux investissements immobiliers, dans lequel plus d'une centaine de clients d'une société de gestion de patrimoine se sont portés parties civiles, a-t-on appris jeudi auprès de son avocat.
Viviane Badache, gérante jusque fin 2006 de la société de gestion de patrimoine Apollonia basée à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), a été mise en examen mardi et laissée en liberté, a indiqué à l'AFP son avocat Me Frédéric Monneret. Une information judiciaire, selon le parquet de Marseille, a été ouverte dans ce dossier il y a plusieurs semaines pour "escroquerie en bande organisée, faux, usage de faux, exercice illégal de la profession d'intermédiaire bancaire et abus de confiance". Selon un avocat des parties civiles, le préjudice total estimé avoisinerait 1,5 milliard d'euros. Les cinq autres mis en examen, dont l'époux de Mme Badache, Jean Badache, leur fils Benjamin, administrateur de la société, ainsi que trois commerciaux --François Mélis, Jean-Luc Puig et Rémy Suchan-- ont été placés en détention. Me Monneret a indiqué qu'il allait demander leur remise en liberté. Selon un des avocats des victimes présumées, Me Jacques Gobert, Apollonia aurait fait souscrire à ses clients des placements défiscalisés dans l'immobilier locatif (meublés) en leur promettant qu'ils seraient financièrement neutres. Les victimes, souvent issues du monde médical, et aujourd'hui regroupées au sein d'une association, s'étaient laissé séduire par ces investissements car elles espéraient se constituer un complément de retraite et payer moins d'impôt. Selon un membre de cette association, Pierre Michelet, elles se retrouvent aujourd'hui "ruinées" par les remboursements de ces appartements "surévalués de 30 à 40% à l'achat", "un désastre", selon lui."Pour ma part, je dois rembourser 100.000 euros par an aux banques. Les loyers ne me rapportent que 45.000 euros. Or je gagne 60.000 euros par an. Il me reste 5.000 euros par an pour vivre avec trois enfants à charge", a expliqué à l'AFP ce médecin urgentiste de Marseille. Certains investisseurs ont vu leurs biens saisis par des banques qui ont participé aux montages financiers et "veulent récupérer leurs billes tout de suite", a ajouté M. Michelet. Il met en cause ces organismes financiers qui se sont aussi portés parties civiles mais ont, selon lui, "leur part de responsabilité" pour avoir travaillé avec Apollonia "sans opérer les vérifications nécessaires". M. Michelet, qui affirme que la plupart des victimes présumées ont investi en moyenne autour de 2,5 millions d'euros, a été approché en 2003 par Apollonia, par l'intermédiaire d'amis qui avaient investi dans l'immobilier grâce aux services d'Apollonia et pour qui tout se passait bien. "C'est ce qui m'a rassuré, ainsi que le réseau impressionnant d'Apollonia, composé de promoteurs, banques, experts comptables, notaires...", dit-il pour expliquer comment il s'est laissé séduire à son tour. oaa/cr/df
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