|
PARIS, 2 avr 2009 (AFP) - Le siège de la BNP a été perquisitionné le 26 mars dans le cadre d'une des trois enquêtes préliminaires ouvertes en France à la suite de l'escroquerie du financier américain Bernard Madoff, a indiqué jeudi une source judiciaire, confirmant une information du Parisien.
Cette perquisition a été menée dans un service de la banque par des policiers de la brigade financière qui se sont fait remettre des documents, a-t-on indiqué de même source. Le parquet de Paris avait ouvert mi-mars une enquête préliminaire visant la BNP après une plainte pour "faux et usage de faux" déposée par l'avocat Olivier Metzner, au nom d'un de ses clients qui a perdu 2 millions d'euros dans un fonds domicilié dans les îles Vierges britanniques, "groupement financier" derrière lequel se trouverait Bernard Madoff. La société française à l'origine de la plainte affirme avoir été trompée par la BNP qui aurait investi son argent dans ce fonds, géré par l'Union des banques suisses (UBS), au nom de la BNP et non à son propre nom. Me Olivier Metzner accuse la BNP d'avoir ensuite produit des faux "pour camoufler cet abus de confiance", notamment des bons de souscription et relevés de comptes, laissant croire que les investissements avaient bien été réalisés au nom de son client. "Madoff n'a pas agi tout seul. Il n'a pas pu faire ce qu'il a fait sans avoir des banques pour le relayer", a expliqué jeudi l'avocat à l'AFP. "La BNP gérait et vendait du Madoff", a-t-il affirmé. Interrogé par l'AFP, un porte-parole de la BNP a confirmé que la banque avait "fait l'objet d'une demande de ocuments et d'explications de la part de la police à la suite d'une plainte dont la presse s'est déjà fait l'écho". "Il a été répondu en toute transparence à ces demandes", a-t-il précisé. "La BNP Paribas considère qu'il s'agit là d'une plainte totalement artificielle", a-t-on ajouté de même source, en indiquant que la banque avait d'ailleurs déposé une plainte pour dénonciation calomnieuse auprès du parquet de Paris. Au total, trois enquêtes préliminaires sont en cours au parquet de Paris à la suite de plaintes d'épargnants considérant avoir été lésés par la fraude de Bernard Madoff. La première en date, des chefs d'escroquerie et d'abus de confiance, avait été ouverte le 20 janvier après la plainte d'une Parisienne de 66 ans qui avait investi 540.000 euros dans le fonds Luxalpha de la banque suisse UBS au Luxembourg. La troisième plainte, visant une société parisienne de conseil financier, a été déposée par Me Julien Visconti au nom d'un commerçant qui avait placé, en 2006, 2 millions de dollars dans un hedge fund (fonds d'investissement spéculatif, ndlr) installé aux Bermudes et aux îles Vierges britanniques, Kingate Management, derrière lequel se trouvait Bernard Madoff. "Ce fonds a été distribué en France par une société qui ne disposait pas de l'agrément de conseiller financier nécessaire", avait expliqué l'avocat à l'AFP. L'Autorité des marchés financiers (AMF) avait révélé en décembre 2008 qu'une centaine de fonds français pourraient être affectés par cette escroquerie, à hauteur de 500 millions d'euros. pr/soh/df
|