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EVRY, 2 avr 2009 (AFP) - Les ayants droit d'Hergé, le créateur de Tintin, ont poursuivi jeudi devant le tribunal de Grande instance d'Evry (Essonne) l'éditeur Arconsil, qui publie une série de romans, les aventures de "Saint-Tin", librement inspirées de celles du célèbre héros de bande dessinée.
Pour leur avocate Me Florence Watrin, la série d'ouvrages, dont 4 volumes sur 23 ont pour l'heure été publiés, a "repris" et "exploité les éléments qui font la notoriété de l'oeuvre", et contrefait les titres et les personnages. Outre 160.000 euros de dommages et intérêts, elle a demandé l'interdiction de la distribution et de l'impression des livres, et la publication du jugement. La série de romans, écrits par Gordon Zola, de son nom de plume, met en scène les aventures contemporaines du jeune reporter "Saint-Tin" et de "son ami Lou", qui n'est pas un chien mais un perroquet. Dans le "Crado pince fort", "Le vol des 714 porcineys", "L'oreille qui sait" ou encore "La Lotus bleue", autant de clins d'oeil appuyés aux titres des albums d'Hergé, se croisent des personnages comme le "professeur Margarine", le "Rasta populiste", ou "le capitaine Aiglefin", le haddock étant de l'églefin fumé. A la barre, les avocats des deux parties ont longuement détaillé les ressemblances et les différences entre Tintin et Saint-Tin. Selon Me Watrin, éditeur et auteur ont voulu faire "un coup éditorial", et "se sont arrogés le droit de faire l'adaptation du maître", une démarche "d'une prétention inouïe", dont sont issus "des ouvrages assez médiocres". Etonnée par "l'agressivité et la méchanceté" des propos de sa consoeur, Me Bénédicte Azzopard a défendu le démarche de l'éditeur, qui n'a pas voulu "porter atteinte à l'oeuvre parodiée". Il s'agit selon elle de "rendre hommage à Hergé, mais aussi à ses précurseurs", citant Rouletabille, dont le créateur de Tintin se serait inspiré par certains aspects. Un roman ne peut pas contrefaire une BD, et la confusion entre l'un et l'autre pour un acheteur est impossible, a-t-elle insisté. La 8e chambre civile du TGI d'Evry a mis sa décision en délibéré au 9 juillet. D'ici là, l'éditeur, dont le stock a été saisi, risque le dépôt de bilan. spe/sst/bw
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