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Le passé du Martinez de Cannes devant la justice jeudi à Aix-en-Provence |
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16-12-2009 |
MARSEILLE, 16 déc 2009 (AFP) - La cour d'appel d'Aix-en-Provence devait se prononcer jeudi sur la question de la compétence du tribunal qui pourra juger l'affaire de Denise et Jean d'Anella, qui revendiquent les parts et intérêts de leur père, constructeur et actionnaire du célèbre hôtel Martinez à Cannes.
Les deux retraités marseillais, sans le sous et âgés respectivement de 75 et 83 ans, exigent 100 millions d'euros du groupe Concorde Hôtels & Resorts, le propriétaire actuel du palace qu'ils ont assigné en 2007, estimant que leur père, mort en 1977, n'a jamais été payé, ni en tant que constructeur ni en tant qu'actionnaire. Cette somme représente "la créance du constructeur ainsi que les intérêts capitalisés annualisés sur 63 ans", explique un de leurs avocats Pierre Zeghmar. En 1927, Frédéric d'Anella s'engage dans le chantier du Martinez, mais très vite la faillite guette. Il entre alors en conflit avec la Société des grands hôtels de Cannes (SGHC), fondée par Emmanuel Martinez. En 1931, pour échapper à la vente du palace Art déco, la SGHC crée la société Fermière de l'hôtel Martinez. M. d'Anella prendra 8% des parts, affirme sa famille. A la Libération, en application d'une ordonnance de 1944 décrétant la confiscation des profits illicites avec l'Occupant, l'hôtel Martinez est mis sous séquestre. Une mesure d'exception qui va durer 34 ans. Devenu propriétaire en 1979, l'Etat vend l'hôtel en avril 1981 à la famille Taittinger. L'hôtel deviendra ensuite propriété de Concorde Hôtels & Resorts, le pôle hôtellerie de prestige de Groupe du Louvre, détenu par une filiale du groupe américain Starwood Capital. Les héritiers du constructeur se disent "spoliés" et "traités comme des gueux". Le 16 mars 2009, le tribunal de grande instance de Marseille a décliné sa compétence au profit de celle de Grasse. Les d'Anella ont fait appel. Le 18 novembre, lors de l'audience devant la cour d'appel d'Aix, Me Zeghmar, disant avoir appris la vente imminente du Martinez à un groupe saoudien, a assigné la société du Groupe du Louvre, ainsi que la société du Louvre pour que "tous ceux qui ont un contrôle sur le Martinez soient devant les tribunaux". L'avocate de ces deux entités, Emilie Vasseur, a indiqué à l'AFP qu'elles étaient "étrangères au litige prétendu". "Ce n'est pas parce qu'on est actionnaire d'une société qu'on est responsable de ses dettes éventuelles", a-t-elle dit.
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