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jusqu'à six ans ferme requis contre des escrocs par "rip deal" |
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09-06-2010 |
ROANNE (Loire), 9 juin 2010 (AFP) - Le procureur de la République de Roanne (Loire) a requis mercredi des peines de 18 mois d'emprisonnement avec sursis à six ans ferme contre des membres d'un réseau international d'escroquerie basé sur la méthode du "rip deal" (transaction pourrie).
Dix-sept personnes, 14 hommes et trois femmes, âgés de 20 à 47 ans, majoritairement originaires d'ex-Yougoslavie, ainsi qu'une société civile immobilière écran, sont jugés jusqu'à vendredi en correctionnelle pour escroquerie et tentative d'escroquerie en bande organisée, recel d'escroquerie en bande organisée et/ou association de malfaiteurs. Six des 17 prévenus, actuellement en fuite, font l'objet d'un mandat d'arrêt international. Le ministère public a également requis des peines de 100.000 euros d'amende contre certains d'entre eux. Les activités de ce réseau d'escrocs présumés ciblaient des chefs d'entreprises en recherche de financements ou des vendeurs de biens immobiliers. Sur commission rogatoire d'un juge d'instruction de Roanne, les polices française et italienne avaient procédé à des interpellations simultanées en région parisienne et en Italie où demeuraient les suspects, en janvier 2009. Une dizaine de victimes françaises, italienne ou italo-argentine, vendeurs de biens immobiliers de prestige ou petits chefs d'entreprises à la recherche de concours financiers, repérés sur des sites internet spécialisés ou via des petites annonces dans la presse, ont été recensées, le préjudice total atteignant 260.000 euros. Les escrocs se présentaient comme des investisseurs de dimension internationale s'emparaient du dépôt de garantie, des frais de notaire ou des dessous-de-table, exigés des victimes pour faire affaire, et remettaient en guise de capitaux des valises contenant de vulgaires fac-similés de billets, voire des tablettes de chocolat dissimulés sous un mince tapis de vrais billets de 500 euros. Les "rip deals" se déroulaient à Paris, Amsterdam (Pays-Bas), Turin, Milan (Italie), Casablanca ou Marrakech (Maroc). La technique du "rip deal" est basée sur l'espérance donnée à la victime d'un profit facile, mais toujours marginal sur le plan fiscal ou pénal. La personne ciblée accepte, espérant gagner 10.000, 15.000, 20.000 euros de plus sur une transaction. "On hésite ensuite à déposer plainte pour ne pas avoir à s'expliquer sur son propre comportement : les victimes vont au devant de leur propre désagrément", a plaidé Maître Jean-Yves Liénard, avocat de quatre des prévenus. Les plaidoiries de la défense se poursuivront jeudi.
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