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RENNES, 12 fév 2009 (AFP) - Aline Lelièvre, jugée depuis mardi par la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine pour avoir étouffé puis étranglé son fils de quatorze mois avant de le jeter dans un étang à Redon en 2006, a été condamnée jeudi à 25 ans de réclusion criminelle.
"Je regrette sincèrement le mal que j'ai pu faire à mon fils, je l'aimais et je l'aimerai toute ma vie", a déclaré en pleurs la jeune femme de 21 ans, qui risquait la réclusion à perpétuité, avant que la cour ne délibère. L'avocat générale, Catherine Denis, avait requis une peine de 25 ans de réclusion pour ce "crime d'une grande violence et d'une grande détermination" de la part d'une femme qui "n'était pas isolée". Aline Lelièvre, qui a reconnu les faits en garde à vue et lors du procès pendant lequel elle est restée avare de ses mots, a tué son fils alors qu'elle venait de perdre la nourrice de celui-ci, ce qui risquait de l'obliger à quitter son emploi. "Des solutions de garde, il y en avait et il aurait pu y en avoir", a martelé Mme Denis, refusant la thèse d'une mère célibataire esseulée et acculée. L'avocate générale a également fustigé "les mensonges et les affabulations" de l'accusée, à propos du père biologique de son fils à qui elle a dénié la paternité affirmant être enceinte d'un autre homme, ou sur "la comédie de l'enlèvement" jouée au lendemain du meurtre pour dissimuler son acte. Le 2 novembre 2006, Aline Lelièvre avait signalé aux gendarmes et aux médias la disparition de son fils, affirmant qu'il avait pu être enlevé. Mais deux jours plus tard, le corps de petit David avait été retrouvé dans un étang à proximité de son domicile. Elle avait alors reconnu avoir étouffé puis étranglé son enfant avant de jeter son corps dans l'étang. L'avocat de l'association L'Enfant Bleu constituée partie civile, Me Jean-Christophe Boyer, a évoqué pour sa part "une escroquerie intellectuelle". L'avocate d'Aline Lelièvre, Christine Person, a demandé à la cour de faire preuve d'"humanité" pour juger "une femme qui ne s'est jamais aimée" et s'est retrouvée dans "une impasse". Une expert-psychiatre avait relevé mercredi le caractère "immature" d'Aline Lelièvre, qui se trouvait "dans une misère sociale et affective". "Cette misère est une clé du processus aboutissant à l'infanticide", avait-elle estimé. dec/lma/DS
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