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Incendie mortel à Roubaix: cinq ans ferme pour le propriétaire de l'immeuble |
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28-05-2010 |
LILLE, 28 mai 2010 (AFP) - Le propriétaire d'un immeuble de Roubaix (Nord), dont l'incendie avait fait six morts et sept blessés en 2006, a été condamné vendredi à cinq ans de prison et 100.000 euros d'amende pour homicides et blessures involontaires par le tribunal correctionnel de Lille.
Un mandat de dépôt a été délivré contre lui à l'audience, a annoncé le président du tribunal, qui a par ailleurs expliqué que le montant de l'amende avait été calculé au vu des loyers perçus par le propriétaire. Le 1er avril, une peine de huit ans de prison ferme avait été requise contre cet homme de 61 ans, également poursuivi pour avoir soumis les occupants de son immeuble "à des conditions d'hébergement incompatibles avec la dignité humaine". Le 20 août 2006, un incendie s'était déclaré dans un immeuble, rue Beaurepaire à Roubaix, qui hébergeait alors 20 personnes dans 12 chambres de 9 m2. Six résidents --une Algérienne de 41 ans et deux de ses filles françaises, âgées de 3 et 17 ans, une mère de famille guinéenne de 29 ans et deux hommes de 49 et 58 ans-- avaient péri asphyxiés. Sept autres locataires avaient été blessés. Si l'immeuble n'était pas considéré comme insalubre, les conditions de vie y étaient précaires. Le bâtiment ne comptait qu'une douche et trois toilettes, avaient expliqué des locataires rescapés. Un autre incendie d'origine électrique avait déjà touché l'habitation le 23 mars 2006, ne faisant qu'un blessé léger. Un électricien de 41 ans, poursuivi pour avoir fourni une fausse attestation de conformité de l'installation électrique, a quant à lui été condamné à un an de prison avec sursis pour faux et usage de faux. Deux ans de prison avec sursis avaient été requis contre lui. Dans son réquisitoire, la représentante du parquet avait estimé que le "drame (...) aurait pu être évité". "Si vous aviez mis autant d'application à assurer la sécurité de vos locataires qu'à percevoir les loyers, on n'en serait pas là", avait-elle lancé à l'adresse du propriétaire, estimant que des "vies humaines ont été sacrifiées sur l'autel du profit financier". La représentante du ministère public a jugé que le principal prévenu avait "abusé" de familles "fragiles", souffrant d'une "grande précarité sociale". Avant le début de l'audience, Philippe Deltombe, président du Droit au Logement Nord/Pas-de-Calais a estimé qu'il s'agissait du "procès de l'habitat indigne et de l'habitat insalubre".
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