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Incendie à Roubaix: un propriétaire jugé pour homicides involontaires |
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01-04-2010 |
LILLE, 1 avr 2010 (AFP) - Le procès du propriétaire d'un immeuble de Roubaix, jugé notamment pour homicides involontaires après un incendie qui avait fait six morts en 2006, s'est ouvert jeudi matin au tribunal correctionnel de Lille.
L'homme de 61 ans est jugé pour "homicides involontaires sur six personnes" et "blessures involontaires sur sept personnes". On le soupçonne aussi d'avoir soumis les occupants de son immeuble "à des conditions d'hébergement incompatibles avec la dignité humaine". Un électricien de 41 ans est également jugé pour avoir fourni une fausse attestation de conformité de l'installation électrique. Il est jugé pour "avoir exposé à un risque immédiat de mort et de blessures, en refusant d'exécuter les travaux qui lui étaient demandés, faux et usages de faux et mise en place d'une installation électrique non conforme aux règles de sécurité". Le 20 août 2006, un incendie s'était déclaré dans un immeuble, rue Beaurepaire à Roubaix, qui hébergeait alors 20 personnes dans 12 chambres de 9 m2. Six résidents - une Algérienne de 41 ans et deux de ses filles françaises, âgées de 3 et 17 ans, une mère de famille guinéenne de 29 ans et deux hommes de 49 et 58 ans, avaient péri asphyxiés. Sept autres locataires avaient été blessés. Si l'immeuble n'était pas considéré comme insalubre, les conditions de vie y étaient précaires. Le bâtiment ne comptait qu'une douche et trois toilettes,avaient expliqué des locataires rescapés. Un autre incendie d'origine électrique avait déjà touché l'habitation le 23 mars 2006, ne faisant qu'un blessé léger. Le procès devra déterminer si les travaux, que le propriétaire avait engagés après le premier drame, étaient ou non suffisants et avaient été effectués correctement, et dans quelle mesure la violation éventuelle des règles de sécurité a contribué au drame. La justice tentera également de déterminer l'origine de l'incendie, criminelle ou accidentelle. "C'est le procès de l'habitat indigne et de l'habitat insalubre", a déclaré Philippe Deltombe, président du Droit au Logement Nord/Pas-de-Calais, à l'ouverture du procès.
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