|
De un à trois ans ferme contre trois hommes liés à un vol de Picasso à Paris |
|
|
|
21-09-2010 |
PARIS, 21 sept 2010 (AFP) - Des peines comprises entre un et trois ans ferme ont été prononcées mardi soir à l'encontre de trois hommes poursuivis pour avoir tenté de revendre trois oeuvres de Picasso évaluées à 50 millions d'euros et volées en 2007 au domicile d'une des petites-filles de l'artiste.
Entre quatre et sept ans ferme avaient été requises contre eux mardi devant le tribunal correctionnel de Paris. Le vol avait eu lieu dans la nuit du 26 au 27 février 2007 au domicile de Diana Widmaier-Picasso, la fille de Maya Picasso, rue de Grenelle à Paris (VIIe arrondissement). Cette nuit-là, la descendante du peintre et son compagnon avaient été réveillés vers 03H00 par des bruits suspects, mais n'avaient rien remarqué d'anormal. Le lendemain, vers 08H00, ils avaient découvert la disparition de deux huiles sur toile "Maya à la poupée et au cheval de bois" (1938) et "Portrait de Jacqueline" (1961), des oeuvres réputées invendables sur le marché de l'art en raison de leur notoriété. La toile représentant Maya avait été dérobée avec son cadre alors que la seconde peinture avait été découpée. Les cambrioleurs avaient également subtilisé un dessin de Picasso intitulé "Marie-Thérèse". Aucune trace d'effraction n'avait été constatée, laissant supposer que les voleurs avaient utilisé un double. C'est un renseignement anonyme parvenu à l'OCBC (Office central de lutte contre le trafic des biens culturels) qui a permis de mettre les enquêteurs sur la piste de Jean Sala. Des écoutes téléphoniques avaient ensuite permis d'identifier deux autres suspects: Paul Sabbah et Abdelatif Redjil. Le 13 juillet 2007, les policiers avaient interpellé MM. Sala et Sabbah alors qu'ils s'apprêtaient, selon l'accusation, à revendre les trois oeuvres, stockées dans le véhicule de l'un d'entre eux. M. Redjil avait été arrêté quelques jours plus tard. Les trois hommes, qui comparaissaient libres, ne sont poursuivis que pour "recel de vol". Inaudible et confus, Jean Sala a fourni au tribunal des explications embrouillées, en contradiction avec les écoutes téléphoniques réalisées par les enquêteurs. Paul Sabbah a reconnu une partie des faits qui lui sont reprochés. Abdelatif Redjil a lui assuré être totalement hors du coup. Il a justifié l'attirail du parfait cambrioleur découvert dans le coffre de sa voiture de location par son goût pour "le bricolage". L'avocat de la famille Picasso, Me Olivier Baratelli, a brocardé "les tristes dénégations" du trio, regrettant son manque de "panache". Car, a-t-il prévenu le tribunal, "vous n'êtes pas face à des pieds nickelés, mais à des as de la cambriole, à de vrais professionnels". "La seule réparation qu'ils comprennent, c'est celle qui touche le portefeuille", a ajouté l'avocat, avant de leur réclamer 150.000 euros de dommages et intérêts. Le procureur Bruno Badré a reconnu que le dossier "recelait encore sa part de mystère". Ainsi, quid du mobile : arnaque aux assurances ou commande d'un acheteur étranger? Quid encore des commanditaires ou des cambrioleurs? Stigmatisant un "festival d'incohérences", il a requis "une sanction exemplaire" contre cette "bande organisée" de receleurs: sept ans contre Redjil et quatre ans contre Sala et Sabbah. Le tribunal a finalement condamné Sala et Sabbah à 3 ans de prison dont 2 années avec sursis. Redjil a écopé de 5 ans dont 2 avec sursis. A eux trois, ils devront verser 66.0000 euros à la famille Picasso.
|