PARIS, 1 avr 2009 (AFP) - Le parquet de Paris va s'opposer à l'ouverture d'une information judiciaire après une plainte visant trois chefs d'Etat africains, dont le Gabonais Omar Bongo, soupçonnés de posséder en France des biens immobiliers financés par de l'argent public détourné, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.
Déposée le 2 décembre par Transparence International France (TI), Sherpa et un ressortissant gabonais, cette plainte avec constitution de partie civile concerne les chefs de recel de détournement de fonds publics, de blanchiment, d'abus de bien social, d'abus de confiance et de complicités.
Elle vise "les conditions dans lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France par Denis Sassou Nguesso (Congo), Omar Bongo Ondimba et Teodoro Obiang (Guinée Equatoriale) ainsi que des membres de leur entourage", affirmaient les deux organisations non gouvernementales dans un communiqué commun, le 2 décembre.
Le parquet de Paris, qui avait classé sans suite en novembre 2007 une enquête préliminaire menée après le dépôt d'une première plainte, va requérir un "refus d'informer" et s'opposer ainsi, dans un avis, à l'ouverture d'une information judiciaire qui implique la désignation d'un juge d'instruction.
La doyenne des juges d'instruction, Françoise Desset, n'est toutefois pas tenue par ces réquisitions. Il lui appartient au final de décider ou non de l'ouverture d'une information judiciaire dès lors que l'intérêt à agir des plaignants est reconnu.
Les deux principales cibles de cette plainte sont M. Bongo, au pouvoir depuis quarante ans, et M. Sassou Nguesso, ainsi que leurs familles, propriétaires de nombreux biens immobiliers de luxe, selon les plaignants.
Pour M. Bongo et sa famille, la plainte évoque la propriété d'un hôtel particulier et de quatre appartements, tous situés dans le très chic XVIe arrondissement de Paris.
M. Sassou Nguesso possèderait un hôtel particulier de 700 m2, estimé entre 5 et 10 millions d'euros, dans les Yvelines, en région parisienne, et un appartement dans le cossu VIIe arrondissement de Paris. Plusieurs biens en région parisienne sont attribués à ses proches.
Leur entourage respectif disposerait également de nombreuses voitures de luxe.
Le parquet de Monaco a de son côté ordonné le 30 mars l'ouverture d'une enquête sur des comptes qui auraient été ouverts dans la principauté monégasque au nom d'Edith Bongo, l'épouse décédée du chef d'Etat gabonais.
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