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PARIS, 20 avr 2009 (AFP) - Le parquet de Paris s'est officiellement prononcé contre l'ouverture d'une information judiciaire après une plainte visant trois chefs d'Etat africains, dont le Gabonais Omar Bongo, soupçonnés de posséder en France des biens immobiliers financés par de l'argent public détourné, a-t-on appris lundi de source judiciaire.
Dans ses réquisitions prises la semaine dernière, le procureur estime que les plaignants, les associations Transparence International France (TI), Sherpa et un ressortissant gabonais, n'ont pas juridiquement intérêt à agir. Il demande en conséquence à la doyenne des juges d'instruction du pôle financier de Paris, Françoise Desset, de constater l'irrecevabilité de leur plainte. La magistrate qui doit prendre la décision finale n'est pas tenue de suivre l'avis du parquet. Déposée le 2 décembre, cette plainte avec constitution de partie civile concerne les chefs de recel de détournement de fonds publics, blanchiment, abus de bien social, abus de confiance et complicités. Elle vise "les conditions dans lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France par Denis Sassou Nguesso (Congo), Omar Bongo Ondimba et Teodoro Obiang (Guinée Equatoriale) ainsi que des membres de leur entourage", affirmaient les deux organisations non gouvernementales dans un communiqué commun, le 2 décembre. Le parquet de Paris avait classé sans suite en novembre 2007 une enquête préliminaire après le dépôt d'une première plainte. Les deux principales cibles de la plainte sont M. Bongo, au pouvoir depuis quarante ans, et M. Sassou Nguesso, ainsi que leurs familles, propriétaires de nombreux biens immobiliers de luxe, selon les plaignants. Pour M. Bongo et sa famille, la plainte évoque la propriété d'un hôtel particulier et de quatre appartements, tous situés dans le très chic XVIe arrondissement de Paris. M. Sassou Nguesso possèderait un hôtel particulier de 700 m2, estimé entre 5 et 10 millions d'euros, dans les Yvelines, en région parisienne, et un appartement dans le cossu VIIe arrondissement de Paris. Plusieurs biens en région parisienne sont attribués à ses proches. Leur entourage respectif disposerait également de nombreuses voitures de luxe. Le parquet de Monaco a de son côté ordonné le 30 mars l'ouverture d'une enquête sur des comptes qui auraient été ouverts dans la principauté monégasque au nom d'Edith Bongo, l'épouse défunte du chef d'Etat gabonais. pr/ed/DS
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