|
PARIS, 10 fév 2009 (AFP) - Le liquidateur judiciaire de Brenco, société de Pierre Falcone, l'administration fiscale et le Pôle Emploi, tous parties civiles dans le procès de l'Angolagate, ont demandé mardi "réparation" pour leurs préjudices subis.
Pour le mandataire-liquidateur, Me Olivier Pardo entend recouvrer "l'ensemble des sommes" dont la société Brenco a été dépouillée en raison des abus de biens sociaux qu'aurait commis le "gérant de fait" de Brenco, Pierre Falcone, mais aussi des nombreux recels d'abus de biens sociaux reprochés à ses "obligés". Au total, Me Pardo a réclamé pour Brenco 133,96 millions d'euros, à payer par Pierre Falcone, en partie solidairement avec d'autres prévenus. Curieusement, si Brenco récupérait cette somme, une bonne partie pourrait revenir in fine à la famille Falcone. Brenco n'accusait au moment de sa mise en liquidation qu'un déficit de 10,6 millions d'euros et, une fois ce trou comblé et les impôts payés, le solde reviendrait aux actionnaires, à savoir des parents de Pierre Falcone. Les défenseurs du fisc ont de leur côtés souligné les importants bénéfices qu'aurait réalisés la société slovaque ZTS Osos, utilisée par Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak pour leur commerce d'armes de guerre vers l'Angola dans les années 90. Ils ont demandé au tribunal de faire droit à leurs demandes, le montant lui-même des réparations devant être décidé au civil. Pour les Assedic, aujourd'hui regroupés dans le Pôle Emploi, Me Cécile Sandoz a réclamé quelque 190.000 euros de préjudice qu'aurait commis l'un des prévenus, Bernard Poussier, accusé d'avoir touché pendant plusieurs années des allocations chômage alors qu'il travaillait de manière "occulte" pour Brenco. Auparavant, les avocats de la défense avaient lancé une dernière offensive contre l'instruction menée par le juge Philippe Courroye, demandant en vain l'annulation de son ordonnance de renvoi, au motif notamment qu'il avait fait preuve de "partialité", aurait eu de nombreux contacts avec l'ancien directeur des Renseignements généraux Yves Bertrand, n'aurait mené qu'une enquête "partielle" auprès de Paribas, la banque utilisée par les associés pour financer leur commerce d'armes. Autant d'allégations que le magistrat a déjà réfutées. pjl/mat/il/luc
|