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PARIS, 10 avr 2009 (AFP) - Les juges d'instruction parisiens chargés de l'enquête sur la disparition du journaliste Guy-André Kieffer en 2004 doivent se rendre fin avril à Abidjan pour entendre comme témoin Simone Gbagbo, l'épouse du président ivoirien, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.
Les juges Patrick Ramaël et Nicolas Blot, accompagnés de gendarmes, iront en Côte d'Ivoire entre le 20 et le 24 avril, selon des sources proches du dossier. Ils doivent auditionner le 23 avril Mme Gbagbo, ainsi que le ministre d'Etat chargé du Plan et du Développement, Paul-Antoine Bohoun Bouabré. Mme Gbagbo et M. Bohoun Bouabré, qui ont deux fois refusé de déférer à une convocation des magistrats à Paris, ont accepté d'être entendus à Abidjan. Mme Gbagbo "va être entendue sur place dans le cadre du code de procédure pénal ivoirien qui lui permet d'être assistée d'un avocat", a affirmé à l'AFP Georges Kiejman, l'un des ses avocats, selon lequel sa cliente "ne voit pas en quoi elle est concernée par cette affaire". Ces auditions, en présence de magistrats ivoiriens, sont toutefois conditionnées à trois autres auditions demandées par les magistrats qui doivent se dérouler dans les jours qui précèdent. Les juges souhaitent notamment entendre Patrice Bailly, à l'époque chef de la sécurité de la présidence de la République, mis en cause notamment par le beau-frère de Simone Gbagbo, Michel Legré, un mis en examen qui est depuis revenu sur ces déclarations. Les enquêteurs français ne soupçonnent pas le couple présidentiel ivoirien d'être impliqué directement dans cette affaire, mais certains cadres du régime liés aux milieux d'affaires. Journaliste franco-canadien indépendant enquêtant sur diverses malversations en Côte d'Ivoire, notamment dans la filière cacao, Guy-André Kieffer a été enlevé le 16 avril 2004 à Abidjan. Il aurait été assassiné par ses ravisseurs. Son corps n'a jamais été retrouvé. Bernard Kieffer, le frère du journaliste, a affirmé à l'AFP n'attendre "pas grand chose" des auditions de Mme Gbagbo et M. Bohoun Bouabré, qui constituent pour eux un "affichage pour tenter de se débarrasser d'un boulet qui les encombre". "J'attends plus du volet Bailly dont le nom remonte sans arrêt depuis le début de l'enquête", a-t-il ajouté. mra/mat/sst
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