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Dominique Pasqualaggi, qui était interrogé dans le cadre d'une enquête sur un attentat, est dans le coma. L'inspection générale de la police nationale a été saisie.La ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, a demandé l'ouverture d'une enquête administrative pour éclaircir les circonstances dans lesquelles un nationaliste corse s'est défenestré au cours de sa garde à vue, jeudi 14 juin.
Dominique Pasqualaggi, 33 ans, était interrogé depuis trois jours dans les locaux de la sous-direction antiterroriste (SDAT) au ministère de l'intérieur, dans le 8e arrondissement de Paris. Il a sauté par la fenêtre du troisième étage, donnant sur le 1 bis, place des Saussaies.Les pompiers l'ont transporté à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, où il se trouve dans un coma artificiel. Le pronostic vital est engagé. Aucun traumatisme crânien n'a été constaté, ce qui indique qu'il est retombé sur ses pieds. De sources policières, cet élément accréditerait l'hypothèse d'une tentative de fuite, plutôt que de suicide.Considéré par les enquêteurs de la SDAT comme un membre actif du FLNC du 22 octobre, Dominique Pasqualaggi était détenu à la prison de la Santé depuis le 26 janvier 2006. Il avait été mis en examen et écroué dans le cadre de l'enquête sur la tentative d'attentat contre la trésorerie générale d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), au cours de la nuit du 21 au 22 janvier 2006. Le poseur de la bombe, son ami Alexandre Vincenti, militant indépendantiste de 24 ans, avait été tué par l'explosion prématurée de l'engin.Les policiers avaient décidé de l'extraire de prison et de l'interroger dans le cadre d'une enquête sur un attentat en octobre 2004 contre la résidence secondaire d'Emile Zuccarelli, maire de Bastia et député de Haute-Corse. Il avait déjà été interrogé fin mai dans un autre dossier, celui des attentats perpétrés en août et octobre 2005 contre quatre mairies en Corse.L'inspection générale de la police nationale (IGPN), saisie à la fois par Mme Alliot-Marie et le parquet de Paris, devra établir dans quelles conditions Dominique Pasqualaggi est parvenu à échapper à la surveillance des policiers. Selon plusieurs sources, la garde à vue se serait passée sans problème, malgré une moiteur étouffante dans les locaux, non sécurisés. Le militant aurait été démenotté un bref instant pour signer ses procès verbaux, puis à nouveau entravé à un poignet, l'autre menotte étant attachée à un anneau de sécurité. Mais le nationaliste se serait plaint du cran trop serré. Un policier lui aurait donné satisfaction, pendant que l'autre se rendait dans un autre bureau pour montrer les procès verbaux à son supérieur hiérarchique. C'est alors que Dominique Pasqualaggi serait passé à l'acte. Son défenseur, Me Pascal Garbarini, dénonce « une succession injustifiée de gardes à vue, qui permettent d'exercer des pressions psychologiques, en l'absence d'un avocat ». Selon lui, le militant nourrit « des sentiments nationalistes affirmés et a toujours assumé son engagement devant les policiers et les magistrats. Sa famille se demande pourquoi toutes les précautions n'ont pas été prises ». Source: Le Monde
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