|
PARIS, 17 oct 2007 (AFP) - Un haut gradé des services secrets français,Didier R., a comparu mercredi devant la 10ème chambre du tribunal correctionnel de Paris pour avoir usurpé la qualité de policier, lors d'une visite au domicile de l'ex-femme de l'écrivain Paul-Loup Sulitzer. Le jugement sera rendu le 14 novembre.
"C'est comme si on disait à James Bond: +vous avez dit que vous étiez policier, vous avez usurpé une fonction et c'est très grave+", a ironisé son avocat, Me Jean-Didier Belot. En mai 2002, Didier R., alors numéro deux de la Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD), s'était rendu, accompagné d'un informateur, dans le 16e arrondissement de Paris au domicile de Delphine Jacobson. Elle était alors en instance de divorce avec Paul-Loup Sulitzer, un dossier qui faisait grand bruit dans les médias. Sur le palier, il avait rencontré l'employée de maison de Mme Jacobson. Celle-ci, soutenue par Mme Jacobson, affirme que Didier R. lui aurait présenté une carte tricolore et déclaré qu'il était de la police, avant de lui demander des renseignements sur Gabrielle Jacobson, la mère de sa patronne, "recherchée par toutes les polices du monde". Didier R. pour sa part dément avoir jamais déclaré qu'il était de la police. Il affirme s'être rendu sur place afin de vérifier l'adresse de Seymour Jacobson, le père de Delphine Jacobson. Il enquêtait en effet sur une affaire de trafic d'armes au profit de la Guinée-Bissau et soupçonnait Seymour Jacobson d'être impliqué, aux côtés d'Arcadi Gadaymak, l'un des anciens associés de Pierre Falcone. Avertie des faits par son employée, Delphine Jacobson affirme que cette visite avait pour but de la terroriser. Selon elle, cette équipée a été commanditée par son ex-mari qui faisait pression pour qu'elle quitte la France et lui réclame le moins d'argent possible. L'informateur de Didier R. était en effet une connaissance de Paul-Loup Sulitzer et Didier R. aurait, "par amitié", rendu un service à son informateur en l'accompagnant. Des faits que dément totalement l'agent français. Il dit avoir été "instrumentalisé" par Mme Jacobson, qui, premièrement, essayait de savoir ce que les services de l'Etat savaient sur son père et, deuxièmement, "a vu l'occasion de tirer à boulets rouges dans le cadre de son divorce".
|