|
Chaussettes et sous-pull fushia, blue-jeans et veste en cuir, c'est un homme sûr de lui qui s'est présenté, hier, à la barre du tribunal correctionnel de Grasse. L'ancien commissaire principal de Cannes François Farinelli ainsi que Gilbert Guiaud, de la brigade de sûreté urbaine (BSU) de Cannes, devaient répondre de faits de violence volontaire commis dans l'exercice de leur fonction. Le tribunal rendra son délibéré le 28 février prochain.
Le 10 avril 2003, la BSU de Cannes est appelée en renfort par les policiers du Cannet, venus perquisitionner le domicile d'un jeune homme dans le cadre d'un trafic de drogue. Sa mère est présente sur les lieux, un bébé de 17 mois dans les bras. « Elle a téléphoné au père de l'enfant pour qu'il vienne chercher la petite. Je savais que c'était un ancien boxeur. J'avais des craintes. J'ai appelé du renfort, se souvient le commandant Bruno Patizel, alors responsable du bureau de police du Cannet. A son arrivée dans l'appartement, Michel Tortorici était énervé, il m'a bousculé. Je suis tombé ». La BSU de Cannes réplique aussitôt, et, au terme d'une interpellation quelque peu musclée, le père de famille, un maître compagnon spécialisé dans la rénovation de toitures de cathédrales, s'en tire avec diverses contusions et lésions sur le torse, le cou, le visage, quatre côtes cassées, les ligaments de la cheville arrachés... des blessures qui correspondent à « un acharnement certain de ses agresseurs » analyse le médecin légiste. « Nous avons fait un usage légitime et nécessaire de la violence » se défendent Gilbert Guiaud et son supérieur de l'époque, François Farinelli aujourd'hui à la retraite à Clermont-Ferrant où il a été nommé directeur départemental de la sécurité publique, après avoir été suspendu de ses fonctions, à Cannes, en 2004, suite à une enquête de l'inspection général de la police nationale. « Ce n'est pas parce qu'on porte un képi qu'il faut se prendre pour un cow-boy, s'est emporté Me Michel Valiergue, avocat de la partie civile, rappelant que la victime, décédée accidentellement 3 ans après les faits, a fait l'objet d'un « véritable passage à tabac de la part des policiers ».
En octobre 2003, Tortorici a été condamné pour insultes et rébellion à une amende, mais relaxé pour coups et blessures. Sa plainte contre les deux policiers a fait l'objet de 2 classements sans suite et de 2 ordonnances de non-lieu avant que la chambre de l'instruction décide de renvoyer l'affaire devant le tribunal correctionnel. Le parquet de Grasse, représenté par Philippe Guémas, n'a pas fait de réquisitions, précisant toutefois que « le tribunal ne pouvait entrer en voie de condamnation : la mêlée explique les traces de coups ». Source: Nice Matin
|