|
PARIS, 14 mars 2008 (AFP) - Le commissaire de la police financière soupçonné d'avoir utilisé des fichiers de police confidentiels "moyennant rétribution" devait être présenté vendredi soir à un juge parisien en vue de son éventuelle mise en examen, a-t-on appris de source judiciaire.
Deux autres personnes, dont le responsable d'une société d'intelligence économique, qui auraient bénéficié de ses renseignements, seront également présentés dans la soirée au juge Patrick Gachon. Le parquet de Paris a requis le placement en détention provisoire du policier et le placement sous contrôle judiciaire des deux autres suspects. Les deux femmes, dont la fille du commissaire, qui avaient également été placés en garde à vue dans le cadre de cette affaire ont été remises en liberté, a-t-on précisé de même source. Une information judiciaire avait été ouverte en octobre 2007, notamment pour "violation du secret professionnel" et "corruption active et passive d'une personne dépositaire de l'autorité publique". Selon les premiers éléments de l'enquête, le commissaire Patrick Moigne, 48 ans, chef de la brigade des fraudes aux moyens de paiement (BFMP) à la police judiciaire (PJ) financière de Paris, est soupçonné d'avoir eu recours à un fichier de police, le système de traitement des infractions constatées (Stic), "pour des besoins autres que ceux entrant dans le cadre de ses fonctions". "Les faits incriminés se seraient déroulés entre janvier 2006 et juillet 2007", a indiqué une source judiciaire, selon laquelle le policier aurait perçu quelque 20.000 euros en liquide sur son compte. La BFMP est une des sept brigades de la sous-direction des affaires économiques et financières (AEF) de la PJ parisienne en charge notamment des fraudes à la carte bancaire et escroqueries. M. Moigne a effectué toute sa carrière à la PJ parisienne. Il a été notamment en poste à la brigade des stupéfiants, à celle des réseaux ferrés parisiens ou à la PJ du Val-de-Marne du ressort de la PJ parisienne, avant de prendre la tête de cette brigade aux AEF il y a quelques années. Il a été suspendu vendredi, a annoncé le ministère de l'Intérieur.
|