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PARIS, 5 mars 2008 (AFP) - Le tribunal de grande instance de Paris a récemment condamné la danseuse étoile Sylvie Guillem à verser 90.000 euros à une ancienne collaboratrice pour avoir exploité, sans rien lui payer, une version du ballet Giselle produite par l'Opéra national de Finlande, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.
Dans un jugement rendu le 20 février, la 3e chambre civile du TGI a reconnu Catherine N'Diaye co-auteur du scénario et a condamné solidairement Sylvie Guillem et l'Opéra de Finlande à lui verser 100.000 euros de dommages et intérêts. Le TGI précise que l'Opéra peut se retourner contre la danseuse pour payer 90% de cette somme. En octobre 1998, une version de Giselle était créée par le ballet national de Finlande à Helsinki avec Sylvie Guillem dans le rôle principal. En janvier 2001, sept représentations étaient données à Paris au Théâtre du Châtelet. Catherine N'Diaye a alors assigné Sylvie Guillem en justice. Elle affirme que la danseuse s'est inspirée d'un scénario qu'elle avait elle-même écrit à partir du livret du ballet Giselle de Théophile Gautier et Jules Vernoy de Saint-Georges pour une adaptation cinématographique qui devait être interprétée par Sylvie Guillem. Le tribunal a considéré que l'étoile s'était bien inspirée de ce scénario, qui constituait "une adaptation originale du livret d'origine de Giselle", "protégeable au titre des droits d'auteur". "Contrairement à l'argumentation de Mme Guillem", ajoute le TGI, "l'originalité de la version en cause ne réside pas uniquement dans celle de la chorégraphie et de la scénographie, mais également dans" la musique, le livret, les décors et les costumes. Le tribunal a jugé l'Opéra de Finlande également responsable de contrefaçon car "il connaissait l'existence du projet de film de Mme Guillem". Alors que Mme N'Diaye réclamait plus d'un milliard d'euros de dommages et intérêts, le tribunal ne lui en a accordé que 100.000. "Le succès des sept représentations, s'il était en partie la conséquence d'une approche cinématographique du livret, tenait de façon prépondérante à la personnalité de Mme Guillem", argue-t-il.
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