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PARIS, 28 mars 2008 (AFP) - Le commissaire-priseur Jacques Tajan a été condamné vendedi par le tribunal correctionnel de Paris à un an de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende pour un faux en écriture, mais l'a relaxé des faits d'abus de confiance aggravé envers l'une de ses anciennes clientes.
Le parquet avait requis 15 mois avec sursis et 150.000 euros d'amende. "Nous sommes extrêmement satisfaits de cette décision", a réagi l'avocat de M. Tajan, Me Olivier Baratelli. En effet, pour lui, c'est l'abus de confiance qui constituait l'accusation la plus grave à l'encontre de son client. Concernant la complicité de faux en écriture, il s'agissait d'une rectification d'un procès-verbal de vente, une vente aux enchères ayant été transformée en vente de gré à gré. Pour Me Baratelli, cette condamnation n'est pas significative car si, à l'époque, "une telle pratique était interdite, elle a été autorisée depuis, en juillet 2000". L'affaire remonte à plus de onze ans. Claire Baude, une veuve fortunée de 94 ans, avait alors demandé à Jacques Tajan, connaissance de son défunt mari, de vendre toute une série de tableaux entreposés dans ses caves. A sa mort, en novembre 1996, tous ses biens reviennent à ses légataires universels, l'association Médecins du Monde et l'Institut Pasteur. On découvre alors que, durant les derniers mois de sa vie, Mme Baude, très affaiblie, a été dépouillée de ses bijoux, de son argenterie et de sommes d'argent considérables. Dans ce premier volet, ce sont la concierge, son mari et le jardinier qui étaient poursuivis pour avoir "abusé de la faiblesse d'une personne vulnérable". Vendredi, la 13e chambre correctionnelle les a relaxés tous les trois. Dans le second volet, l'accusation reprochait à Jacques Tajan d'avoir fait falsifier un procès-verbal de vente aux enchères, concernant huit tableaux ayant appartenu à Claire Baude. Les tableaux en question n'ont pas trouvé preneurs lors de la vente du 12 décembre 1995 mais par la suite, ils ont été vendus de gré à gré, ce qui était alors interdit aux commissaires-priseurs. Lors de l'audience, fin janvier, l'avocat de Médecins du Monde avait jugé le préjudice "très important dans la mesure où non seulement il a été prélevé des commissions de l'étude Tajan pour les ventes de gré à gré, mais de surcroît, ces tableaux auraient dû être vendus ultérieurement aux ventes aux enchères avec une nouvelle publicité, et non pas bradés par ces ventes de gré à gré, en cachette". L'accusation reprochait également au commissaire-priseur d'avoir détourné un triptyque de Hans Bol, évalué à plus de 400.000 euros. Mais le tribunal a estimé que la vente de ce tableau avait "été réalisée avec l'accord de Claire Baude, qui était durant cette période en pleine possession de ses moyens". "Il convient donc de relaxer Jacques Tajan du chef d'abus de confiance aggravé", concluent les magistrats. En février 2006, Jacques Tajan avait été condamné par la cour d'appel de Paris, à 15 mois avec sursis, 200.000 euros d'amende et de lourdsdommages et intérêts, pour avoir détourné des fonds à l'issue de plusieurs ventes d'oeuvres de Giacometti en juillet 1994. Cette condamnation est définitive.
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