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PARIS, 3 avr 2008 (AFP)-) - La cour d'appel de Paris a suivi jeudi les réquisitions de l'avocat général et confirmé la condamnation à six mois de prison avec sursis de l'athlète française Anita Mormand, spécialiste du 4x400 mètres, dans une affaire d'escroquerie à la carte bleue remontant à 2003.
La 9e chambre correctionnelle a jugé l'ancienne relayeuse coupable de complicité de "contrefaçon de cartes bancaires" et d'"escroquerie en bande organisée". Le 17 septembre 2004, le tribunal correctionnel de Meaux (Seine-et-Marne) avait déjà reconnu son implication dans des malversations pilotées par son entraîneur de l'époque, Henry Peyou, condamné lui à trois ans d'emprisonnement dont 18 mois avec sursis. En première instance, ce dernier avait reconnu être à l'origine de l'escroquerie, mais en avait minimisé le préjudice, parlant de 150.000 euros là où le groupement des cartes bancaires évoquait la somme de 290.000 euros. Lors de l'audience du 6 mars, la sprinteuse guadeloupéenne, membre du relais 4x400 aux Mondiaux d'athlétisme de Paris en 2003, avait reconnu avoir porté assistance à son entraîneur dans la commission de ces infractions, mais avait soutenu ne pas avoir eu conscience de participer à une activité frauduleuse. Ces déclarations n'ont pas convaincu la cour qui a estimé que, "tant l'analyse des conversations téléphoniques interceptées que les déclarations qui ont été faites par les co-prévenus au cours de l'enquête démontrent qu'Anita Mormand a participé sciemment aux faits délictueux". Aujourd'hui âgée de 37 ans, la sportive a accompli un peu plus de quatre mois de détention préventive après son interpellation le 17 février 2004. Son implication présumée l'avait privée des Jeux olympiques d'Athènes. Avec l'aide de son ami d'enfance, Emmanuel Ela Ela, capitaine dans l'armée camerounaise, M. Peyou avait mis en place un système pour confectionner de fausses cartes bancaires. Entre mai et juillet 2003, avec la complicité de l'employé d'une station service de l'autoroute A4 en Seine-et-Marne, il récupérait grâce à un lecteur trafiqué les numéros de cartes des clients, puis fabriquait des cartes utilisées ensuite pour des retraits d'espèces à l'étranger. En première instance, Henry Peyou avait mis hors de cause Anita Mormand, affirmant qu'il ne l'avait jamais informée de "l'affaire".
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