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PARIS, 11 sept 2008 (AFP) - Le romancier et journaliste Pierre Assouline a été condamné jeudi pour diffamation par le tribunal correctionnel de Paris, pour avoir affirmé que Maria Kodama, veuve de l'écrivain argentin Jorge Luis Borges, se comportait en "veuve abusive" des oeuvres de son mari. Les propos incriminés avaient été publiés en août 2006 dans le Nouvel Observateur.
Jeudi, le tribunal a condamné le directeur de publication du magazine Jean Perdriel à une amende de 1.000 euros et Pierre Assouline à 1.000 euros également, mais avec sursis. Les prévenus devront verser solidairement à la partie civile un euro de dommages et intérêts et 5.000 euros de frais de justice. Dans l'article poursuivi, Pierre Assouline accusait Maria Kodama de "s'opposer à la réédition" dans la collection La Pléiade (Gallimard) des oeuvres complètes de son mari, dont elle détient les droits depuis sa mort en 1986. Sous le titre "Vous ne pouvez plus le lire... Le scandale Borges", le journaliste assurait qu'elle "dispos(ait) à sa guise" de l'oeuvre de l'écrivain né en 1899 à Buenos Aires et évoquait des "manipulations testamentaires", à la suite du mariage de Borges avec cette femme de 40 ans sa cadette. Les magistrats de la 17e chambre ont estimé que trois des quatre passages poursuivis pouvaient certes paraître "désagréables" à la partie civile mais n'étaient pas pour autant "diffamatoires". En revanche, ont-ils relevé, "l'imputation de s'être livrée à des +manipulations testamentaires+" est bien diffamatoire, en ce qu'elle présente Maria Kodama "comme manipulatrice et cupide". Le tribunal n'a pas octroyé à l'écrivain "le bénéfice de la bonne foi", estimant qu'il n'avait pas usé des "réserves" qui s'imposaient. Lors de l'audience du 12 juin, Pierre Assouline avait expliqué avoir décidé d'écrire un tel article après avoir réalisé que les oeuvres complètes de Borges dans La Pléiade étaient des "collectors", quasiment "introuvables". L'avocat de Maria Kodama, Me Didier Skornicki, avait rappelé "la dévotion indéfectible" de sa cliente au "rayonnement" de l'oeuvre de son mari depuis vingt ans et rejeté en bloc "le lot de calomnies" au sujet d'hypothétiques "manoeuvres testamentaires".
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