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PARIS, 20 juil 2007 (AFP) - Les éditorialistes de la presse nationale et régionale jugent normale bien que "traumatisante" l'audition de Jacques Chirac, qui a été entendu hier pour la première fois par un juge dans une affaire d'emplois fictifs concernant l'époque où il était maire de Paris (1977-1995).
"Le simple fait que (l'enquête) se poursuive peut déjà avoir valeur de symbole dans la conscience collective. L'absence d'amnistie va du bas en haut de l'échelle; il n'y a pas de +petits arrangements entre amis+", commente Yves Thréard dans Le Figaro.Si Renaud Dély estime pour Libération que "l'épisode historique d'hier a quelque chose de traumatisant pour quiconque reste attaché à une certaine idée de la République", il rejoint l'analyse de son confrère du Figaro en affirmant qu'il "faut pourtant avoir le courage de s'en réjouir".Dans La Croix, Dominique Gerbaud écrit lui aussi que "le plus important dans cette affaire ce n'est sûrement pas de faire condamner un ancien président pour l'exemple, c'est que le juge puisse conduire en toute indépendance l'instruction pour que les Français gardent confiance dans la justice"."C'est aussi que les hommes et femmes politiques tirent les leçons de ces procès. C'est-à-dire qu'ils ne se croient pas tout permis lorsqu'ils sont au plus haut niveau du pouvoir", poursuit-il.Si Frank de Bondt parle dans Sud-Ouest de "l'effet d'une bombe", Olivier Picard des Dernières Nouvelles d'Alsace y voit "bien plus qu'une péripétie judiciaire unique en son genre depuis le début de la Ve République"."Pour tout républicain un brin idéaliste, l'interrogatoire - fut il serein - de M. Chirac n'en est pas moins un moment triste. Une défaite nationale. Une première fois dont on se serait bien passé", juge-t-il.Pour La Nouvelle République du Centre-Ouest, Hervé Cannet affirme que "la justice doit passer. En toute indépendance. En toute sérénité. Sans acharnement." Dans La Montagne, Daniel Ruiz souligne que "la course de vitesse est ouverte entre les juges pour comparer les argumentaires d'aujourd'hui et les faits d'hier". "Le lampiste Alain Juppé lui a déjà payé", ajoute-t-il.Quant à l'issue de cette affaire, personne ne se risque à un pronostic."Nul ne sait jusqu'où ira l'enquête (...). Elle peut aujourd'hui déboucher sur la mise en examen de Jacques Chirac, voire sa condamnation, pour prise illégale d'intérêts et recel d'abus de biens sociaux", écrit Yves Thréard dans Le Figaro. "Quel que soit le sort qui sera réservé à cet exceptionnel témoin assisté, une convocation judiciaire constitue une sanction morale pour l'ancien président", estime pour sa part Frank de Bondt dans Sud-Ouest.
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