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Jacques Chirac a "décidé de prendre une mesure d'amnistie individuelle" en faveur de l'ancien champion olympique condamné en 2005 dans l'affaire des marchés publics de la région Ile-de-France. Guy Drut s'est déclaré "satisfait" et "soulagé", vendredi 26 mai, de la mesure d'amnistie individuelle prise par le président Jacques Chirac en sa faveur.
Guy Drut s'est déclaré "satisfait" et "soulagé", vendredi 26 mai, de la mesure d'amnistie individuelle prise par le président Jacques Chirac en sa faveur. Condamné en octobre 2005 à quinze mois de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende dans l'affaire des marchés publics de la région Ile-de-France, l'ancien ministre des sports a bénéficié du secours élyséen "en application de la loi de 2002 qui le prévoit pour les personnes ayant rendu des services à la nation, notamment dans le domaine sportif", indiquaient jeudi les services du président. "Cela permettra à Guy Drut de pouvoir continuer à siéger au sein du Comité international olympique (CIO), ce qui est tout à fait essentiel pour la France et la défense de ses intérêts dans le domaine sportif", ajoutait-on de même source. A la suite de sa condamnation, le député UMP avait en effet été suspendu provisoirement de tous ses droits, prérogatives et fonctions attachés à sa qualité de membre du CIO le 9 décembre 2005 par la commission exécutive de cet organisme. "Cela fait six ans que cette affaire dure et cela m'a causé beaucoup de soucis par rapport au Comité international olympique et à ma vie politique", a réagi l'ancien champion olympique du 110 mètres haies, vendredi, sur France-Inter. Mais le soulagement de Guy Drut pourrait être de courte durée : la mesure présidentielle provoque déjà un tollé dans la classe politique. Le député Vert de Gironde, Noël Mamère, a raillé Jacques Chirac, comparé au "prince d'une République bananière" instaurant une politique de "deux poids deux mesures". Selon M. Mamère, une telle décision ne peut qu'"alimenter la détestation des Français vis-à-vis des représentants politiques". "Quelle image pour la France !" après l'affaire Clearstream, s'est emporté le député européen socialiste Vincent Peillon sur LCI. "C'est extrêmement choquant, ce pouvoir discrétionnaire. On a d'ailleurs le sentiment que quand Jacques Chirac exerce un pouvoir, c'est toujours à mauvais escient, et nos concitoyens doivent se dire 'qu'est-ce que c'est que cette justice à deux vitesses ?'", a-t-il poursuivi. Jacques Chirac organise "l'impunité de ses propres amis et de lui-même", a dénoncé le député socialiste Arnaud Montebourg sur Europe 1. Même à droite, certains s'interrogent. Pierre Lellouche, député UMP de Paris, a reconnu sur RTL qu'il y avait "un risque" que cette amnistie soit mal comprise. "Dans le climat actuel, il m'arrive parfois de me demander si nous ne [sommes] pas en train tous ensemble d'aller droit dans le mur en klaxonnant et en laissant la France à M. Le Pen et à Mme Ségolène Royal", a-t-il déploré. Source: Le Monde/AFP
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