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PARIS, 30 oct 2008 (AFP) - Déjà condamné en 2006 dans une affaire d'abus de biens sociaux, Imad Lahoud, soupçonné d'être le falsificateur des listings informatiques dans l'affaire Clearstream, comparaissait une nouvelle fois jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris pour des faits similaires.
Dénonçant "l'importance des détournements" et "l'enrichissement personnel" du prévenu, le procureur de la République, Rose-Marie Hunault, a requis deux ans de prison avec sursis, une amende d'"au moins 100.000 euros" et une interdiction de gérer une société durant cinq ans. La 11e chambre devait mettre sa décision en délibéré. Dans ce dossier, un riche propriétaire de chevaux, Michel Pomaret, reproche à Imad Lahoud des détournements de fonds. Il a déposé plainte en juin 2004. En 2001, les deux hommes, passionnés de golf, avaient, aux côtés d'un troisième actionnaire, créé la SARL PSL Golf, une société d'édition et de promotion de l'image de grands golfeurs. Selon M. Pomaret, son ancien associé aurait détourné à son profit les 230.000 euros qu'il y avait investis. Si M. Lahoud a reconnu jeudi avoir "ordonné ces virements", qui constituaient selon lui de simples "avances de fonds", il a affirmé au tribunal que, "contrairement à ce que dit M. Pomaret, tout était transparent" et réalisé "en toute bonne foi". "Cet homme camoufle et ment en permanence", a réagi l'avocat de M. Pomaret. A l'époque des faits, a rappelé Me Michel Daunois, M. Lahoud était "un golden boy flamboyant qui se déplaçait en hélicoptère, à qui tout réussissait et qui tenait le monde dans sa main". Selon lui, M. Pomaret a été "charmé", mais "la réalité était tout autre, il était complètement ruiné" et a vu en M. Pomaret "une véritable embellie, un homme qui allait provisoirement le remettre sur pied". En septembre 2006, M. Lahoud a déjà été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à six mois de prison avec sursis pour "abus de confiance, faux et escroquerie", également à la suite d'une plainte déposée par M. Pomaret. L'ancien homme d'affaires franco-libanais, aujourd'hui enseignant, avait été reconnu coupable d'avoir détourné à son profit 100.000 euros que lui avait confiés M. Pomaret dans l'intention de faire fructifier son capital. Il avait aussi été condamné pour avoir présenté à la justice un faux document bancaire afin de justifier la réalité du placement financier auprès de son client. M. Lahoud, 41 ans, est par ailleurs un personnage-clef dans l'affaire Clearstream, où il a été mis en examen en juin 2006 pour "dénonciation calomnieuse" et "faux et usage de faux". Il est soupçonné d'avoir introduit dans des listings de l'institution financière luxembourgeoise des noms de personnalités industrielles et politiques, dont Nicolas Sarkozy, les accusant à tort d'y détenir des comptes occultes. Ce mathématicien fait également l'objet de poursuites judiciaires pour la faillite du fonds spéculatif Volter, qu'il avait fondé avec son beau-père François Heilbronner, proche de Jacques Chirac, et ex-président des assurances GAN. dom/pmg/sh
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