|
PARIS, 10 déc 2008 (AFP) - La société Eco-Emballages, mise en cause par le ministère de l'Ecologie pour des placements dans des paradis fiscaux, s'est défendue de "toute forme d'illégalité ou de malversation", dans un communiqué mercredi.
La société a évoqué un problème "de déblocage d'une partie de sa trésorerie investie dans deux fonds de placements non monétaires". "Ces placements concernent environ 20% de sa trésorerie globale, soit 55 millions d'euros et ne relèvent d'aucune forme d'illégalité ou de malversation de la part d'Eco-Emballages", a assuré Eco-Emballages. Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a organisé mercredi après-midi une réunion avec la société pour faire la lumière sur "un risque de pertes financières, liées à des placements non sécurisés d'une partie de la trésorerie dans des paradis fiscaux". Le directeur général d'Eco-Emballages, Bernard Hérodin, sera reçu par le directeur de cabinet de M. Borloo, ce dernier étant parti pour la conférence Climat de Poznan (Pologne). "60 millions d'euros restent à ce jour placés sur ce type de fonds à risques dont l'emploi est inacceptable au regard de la morale républicaine, s'agissant de fonds publics", selon le communiqué du ministère. Eco-Emballages recueille la participation des entreprises à la collecte et au recyclage de leurs emballages, et reverse les fonds aux collectivités locales. L'entreprise est agréée par l'Etat pour cette mission d'intérêt général. Avant d'être reversée aux collectivités, la trésorerie est placée, selon Eco-Emballages, "pour environ 80%" dans des produits monétaires et "pour environ 20%" en "placements dynamiques", autrement dit à risques. Eco-Emballages a indiqué avoir placé "en toute transparence" l'argent concerné dans un fonds d'investissements à Zürich (sans citer de nom) et n'avoir "jamais donné d'ordre de virement vers des banques autres qu'européennes". Alors que la crise financière couvait, le conseil d'administration d'Eco-Emballages a décidé le 21 avril dernier de procéder au "désengagement total" de ces placements. Mais "alors que certaines positions ont été dûment débloquées, puis placées en produits monétaires, deux autres fonds qui auraient dû être libérés à cette date ne l'ont pas été", selon Eco-Emballages. Le conseil d'administration, informé fin novembre, a informé à son tour le ministère de l'Ecologie. mpf/bb/abx
|