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Olivier Spithakis a été condamné à deux ans de prison, dont six mois avec sursis. Non sans surprendre, la 11e chambre correctionnelle de Paris a sévèrement condamné Olivier Spithakis à deux ans de prison dont six mois avec sursis pour «complicité d'abus de biens sociaux, détournement de fonds publics et abus de confiance» dans un des volets de l'affaire de la Mnef, instruit par le juge Armand Riberolles.
L'étonnement tient surtout au fait que les magistrats sont allés au-delà des réquisitions du parquet, dont les deux substituts avaient, lors des audiences en décembre 2003, demandé deux ans de prison, dont un avec sursis. L'ancien président de la Mnef a aussi écopé de 150 000 euros d'amende. «Cette décision est dure, commentait vendredi l'un de ses avocats, Me Jean-Dominique Lovichi, mais ce dossier ne renferme aucune preuve. Nous allons faire appel, car d'autres magistrats auront peut-être une appréciation différente.» L'entourage d'Olivier Spithakis veut aussi voir dans ce jugement un élément d'équilibre après la relaxe dans le premier procès de la Mnef, en 2002, qui avait aussi bénéficié à Dominique Strauss-Kahn. Ce périple judiciaire n'est d'ailleurs pas achevé, puisqu'est attendue la date d'audience du volet concernant les emplois fictifs de la mutuelle, probablement dans les derniers mois de 2004. Olivier Spithakis reprendra alors le chemin du palais de justice de Paris, aux côtés de vingt-trois autres prévenus, dont le député socialiste de Paris Jean-Christophe Cambadélis. «Ce saucissonnage des dossiers, alors qu'il n'existe qu'une seule et même affaire Mnef, permet à l'accusation de répartir mécaniquement les risques de condamnation», s'agace encore Me Lovichi. Par sa sévérité, le jugement rendu vendredi a voulu clairement signifier que le véritable patron de la Mnef était Olivier Spithakis et qu'à ce titre il était le premier coupable. Il s'agit aussi d'une réponse à sa défense qui n'a eu de cesse de rejeter les fautes sur quelques dirigeants subalternes de la mutuelle. Dont Bruno Pelletier, recruté par Spithakis au nom d'une très ancienne amitié, poursuivi pour avoir détourné près de 8 millions de francs des caisses d'Efic, l'imprimerie de la Mnef. L'argent lui avait servi à assurer un train de vie surtout nocturne effréné et à investir dans l'achat d'un bateau de luxe, le Derya, utilisé pour des séjours personnels ou pour faire plaisir aux nombreux amis de la Mnef. Le tribunal l'a condamné à deux ans de prison dont six mois avec sursis, une peine inférieure aux demandes du parquet, mais ne lui a pas infligé d'amende.Tant à l'instruction que pendant les trois semaines d'audience, Bruno Pelletier a tout fait pour protéger son ancien employeur. Interrogé à vingt reprises par les policiers de la brigade financière et le juge d'instruction, Pelletier n'a cessé de présenter des versions variables, avec pour principal objectif d'épargner Olivier Spithakis.Le tribunal a réfuté cette logique et a adhéré à celle du ministère public, qui avait fustigé «le dévouement pathétique de Bruno Pelletier, ce coupable tout désigné, le seul à avoir mis sa tête sur votre bureau pour dissimuler l'action de Spithakis». Le parquet avait encore dépeint Olivier Spithakis comme «le chef efficace, intelligent, plein de charisme [...] d'une bande de pillards. Les faits sont anciens, mais particulièrement graves, menés par une organisation solide». Les autres protagonistes de ce système, cinq faux-facturiers qui avaient favorisé cette évasion d'argent des caisses d'Efic, ont été condamnés à de la prison avec sursis. Libération
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