CRETEIL, 7 mai 2009 (AFP) - Un an de prison avec sursis a été requis jeudi devant le tribunal correctionnel de Créteil à l'encontre d'un commissaire de police de l'Essonne poursuivi pour avoir détourné des fonds scellés.
Le substitut du procureur, Benoist Hurel, a aussi demandé à titre de peine complémentaire que le prévenu ne puisse pas exercer pendant cinq ans les fonctions de commissaire de police. Tout en soulignant que le fonctionnaire, au moment des faits en juillet 2008, était "pris dans une nasse" de problèmes familiaux et de dettes, il a relevé qu'il avait trahi la "confiance" placée en lui, "socle de la légitimité e l'institution". La décision a été mise en délibéré au 25 mai. Le commissaire de police de Juvisy-sur-Orge (Essonne), âgé de 39 ans, avait été placé le 5 mars en garde à vue par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour s'expliquer sur la disparition d'une somme de 2.970 Euros, placée sous scellés dans le cadre d'une procédure judiciaire. Il avait reconnu avoir détourné cet argent en juillet 2008 à des fins personnelles. Jeudi, le commissaire, suspendu de ses fonctions et placé sous contrôle judiciaire, a de nouveau reconnu "totalement" les faits. "Même à ce jour, je ne m'explique pas ce qui m'a poussé à voler cet argent", a-t-il dit, expliquant juste que "2008 a été une année difficile pour (lui)". "Je n'excuse pas (ce geste). Il est inexcusable au vu de mes responsabilités, de ma carrière", a-t-il ajouté. En juillet 2008, ce commissaire bien noté par sa hiérarchie avait brisé trois scellés contenant au total la somme de 2.970 euros, qu'il a utilisée "petit à petit pour ses dépenses quotidiennes", a rappelé la présidente Françoise Boissy. Englué dans d'importantes difficultés financières, avec des dettes à auteur de 30.000 euros, malgré son salaire de 4.500 euros, le fonctionnaire traversait aussi des problèmes familiaux. Avec sa compagne, il avait appris en mars 2008 que le bébé qu'elle portait était condamné. Le nourrisson était décédé en décembre cinq jours après sa naissance. "On ne peut pas comprendre ce qui s'est passé sans le mettre en relation" avec ce que vivait cet homme, a plaidé son avocat, Me Frank Natali, en mettant en parallèle un "moment d'égarement" avec le "drame familial absolu" du commissaire. Me Natali a aussi observé que si le fonctionnaire "avait voulu maquiller" son geste, "il aurait pu le faire". Or, "il ne l'a pas fait, il a tenu à assumer", a-t-il affirmé, en soulignant les "états de service impressionnants de son client", convoqué le 27 mai devant le conseil de discipline. sp/mm/ct
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