300.000 euros d'amende et deux ans avec sursis pour Me Tajan en appel
02-02-2010
PARIS, 2 fév 2010 (AFP) - La cour d'appel de Paris a alourdi vendredi la peine prononcée contre le commissaire-priseur Jacques Tajan, le condamnant pour faux et abus de confiance à deux ans de prison avec sursis et 300.000 euros d'amende, a-t-on appris mardi de source judiciaire.
En première instance, le 28 mars 2008, M. Tajan avait été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à un an de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende pour un faux en écriture. Il s'agissait d'une rectification d'un procès-verbal de vente, une vente aux enchères ayant été transformée en vente de gré à gré. L'avocat de Me Tajan, Me Olivier Baratelli, avait alors minimisé cette condamnation car si à l'époque "une telle pratique était interdite, elle a été autorisée depuis, en juillet 2000". Mais surtout, le tribunal correctionnel de Paris avait relaxé Me Tajan de l'infraction la plus grave: celle d'abus de confiance aggravé envers l'une de ses anciennes clientes. Point qui a été infirmé en appel. L'affaire remonte à 1996. Claire Baude, une veuve fortunée de 94 ans, demande alors à Jacques Tajan, connaissance de son défunt mari, de vendre toute une série de tableaux entreposés dans ses caves. A sa mort, en novembre 1996, tous ses biens reviennent à ses légataires universels, l'association Médecins du Monde et l'Institut Pasteur. On découvre alors que, durant les derniers mois de sa vie, Mme Baude, très affaiblie, a été dépouillée de ses bijoux, de son argenterie et de sommes d'argent considérables. Dans ce premier volet, ce sont la concierge, son mari et le jardinier qui étaient poursuivis pour avoir "abusé de la faiblesse d'une personne vulnérable". Relaxés en première instance, ils ont finalement été condamnés par la cour d'appel à rembourser un total de 90.000 euros. Dans le second volet, l'accusation reprochait à Jacques Tajan d'avoir fait falsifier un procès-verbal de vente aux enchères, concernant huit tableaux ayant appartenu à Claire Baude. Les tableaux en question n'ont pas trouvé preneurs lors de la vente du 12 décembre 1995 mais par la suite ils ont été vendus de gré à gré, ce qui était alors interdit aux commissaires-priseurs. L'accusation reprochait également au commissaire-priseur d'avoir détourné un triptyque de Hans Bol, peintre flamand de la Renaissance, évalué à plus de 400.000 euros. En première instance, le tribunal avait estimé que la vente de ce tableau avait "été réalisée avec l'accord de Claire Baude, qui était durant cette période en pleine possession de ses moyens". Une analyse qu'a retoquée vendredi la cour d'appel. Me. Tajan, qui n'est plus à la tête de la maison éponyme depuis 4 ans, devra donc indemniser les associations héritières de Mme Baude. A ce titre, il devra verser un total de 66.000 euros à Médecins du Monde et à l'Institut Pasteur, et supporter en plus 20.000 euros de frais de justice. En février 2006, Jacques Tajan avait déjà été condamné par la cour d'appel de Paris, à 15 mois avec sursis, 200.000 euros d'amende et de lourds dommages et intérêts, pour avoir détourné des fonds à l'issue de plusieurs ventes d'oeuvres de Giacometti en juillet 1994. Cette condamnation est définitive.