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CAYENNE, 6 mars 2008 (AFP) - Le maire de Roura et vice-président du conseil général de Guyane, Claude Polony, incarcéré depuis le 31 janvier faute d'avoir réglé une caution de 100.000 euros dans une affaire de "prise illégale d'intérêt", a été maintenu en détention à la suite d'un référé détention du Parquet de Cayenne.
Candidat à sa succession dans sa commune, M. Polony passera ainsi le 1er tour des municipales au centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly (15km de Cayenne). Le juge des libertés et de la détention (JLD) Philippe Jouanguy avait décidé ce jeudi de le remettre en liberté sous contrôle judiciaire. Le magistrat avait assorti sa décision d'une caution de 40.000 euros à verser sous un mois. Le Parquet a aussitôt fait un référé-détention, suspendant ainsi la décision du juge jusqu'à l'examen du référé par la cour d'appel lundi prochain. En 2001, M. Polony, qui est également l'un des vice-présidents du Conseil général, avait été élu avec le soutien de l'UMP. Le comité départemental de l'UMP a investi cette année pour les municipales un autre candidat à Roura, l'élu n'étant pas à jour de ses cotisations. La justice reproche notamment à M. Polony de fausses délibérations municipales. Le 18 décembre 2007, un arrêt de la Chambre de l'instruction avait motivé le renforcement de son contrôle judiciaire, en réclamant une caution de 100.000 euros à verser sous un mois. "M. Polony ne prend pas conscience de l'ampleur des faits reprochés et manifeste la même désinvolture à l'endroit de l'institution judiciaire puisque dès le lendemain de sa mise en examen, il a tenté de circonvenir un témoin en l'invitant à jeter la suspicion sur le travail des gendarmes", avait notamment relevé la chambre. Par ailleurs, des écoutes téléphoniques ont révélé que le maire avait téléphoné à sa secrétaire, le 29 novembre puis le 3 décembre, en lui demandant de "solliciter un certificat médical faisant état de troubles psychologiques au sortir de son interrogatoire par les gendarmes et prescrivant un arrêt de travail". Selon une autre écoute enfin, M. Polony aurait intrigué auprès du ministère de l'outre-mer pour ralentir le cours de son procès jusqu'aux élections municipales. Dans l'ordonnance prise ce jeudi, le juge des libertés et de la détention avait estimé que sa mise en liberté n'était pas "de nature à compromettre le bon déroulement de l'instruction".
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