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PARIS, 9 mai 2008 (AFP) - Quatre anciens otages français du Liban, Marcel Carton, Jean-Paul Kauffmann, Jean-Louis Normandin et Roger Auque, appellent le président Nicolas Sarkozy à gracier Jean-Charles Marchiani, leur "sauveur", pour lui éviter la prison, dans une tribune au Monde daté de samedi.
Dans une interview télévisée le 14 avril, Nicolas Sarkozy avait indiqué être "en train d'étudier" une demande de grâce présentée par l'ancien préfet du Var, dont la condamnation à la prison ferme dans deux affaires de corruption est devenue définitive en mars. "Dans quelques jours, Jean-Charles Marchiani va prendre le chemin de la prison", écrivent les quatre ex-otages, dont les deux premiers ont été libérés il y a 20 ans presque jour pour jour. "Ironie suprême : l'homme qui nous a sortis des geôles du Hezbollah se retrouve à son tour enfermé, à moins que le président de la République n'use de son droit de grâce", soulignent-ils. "Bien sûr, nous ne sommes pas objectifs. Comment pourrait-on l'être envers un homme qui nous a sauvé la vie au péril de la sienne ? Nous le défendons parce qu'il est notre libérateur mais aussi parce que nous avons le sentiment que la vérité est bafouée", expliquent les ex-otages, qui réclament depuis des années la clémence pour leur "libérateur". "Il y a vingt ans, Jean-Charles Marchiani était un héros, aujourd'hui c'est un réprouvé", soulignent-ils, estimant que "Jacques Chirac lui a envoyé le coup de pied de l'âne, en 2007, au moment où M. Marchiani attendait un jugement en appel, affirmant que son rôle dans notre libération était +largement bidon+ alors qu'il n'avait cessé avant de proclamer le contraire". "Quand nous avons ôté nos bandeaux, le premier visage que nous avons découvert fut celui de Jean-Charles Marchiani (...) Il était face à nos ravisseurs armés jusqu'aux dents", rappellent-ils. "Il n'a pu s'empêcher de défier les magistrats, qui le lui font payer très cher", affirment les signataires, jugeant que "le système médiatique l'avait depuis longtemps condamné dès lors que le secret de l'instruction avait été bafoué". "Nous plaçons notre seul espoir à présent dans la décision du chef de l'Etat. Lui seul a le pouvoir de soustraire notre sauveur à l'emprisonnement", concluent les ex-otages, espérant que "lui qui oeuvre sans relâche pour la délivrance d'Ingrid Betancourt considèrera peut-être avec bienveillance le rôle passé d'un serviteur de l'Etat devenu aujourd'hui un harki de la République".
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