|
PARIS, 7 nov 2007 (AFP) - Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement, partie civile dans l'affaire Clearstream, a été entendu mercredi pendant près de deux heures par les juges chargés de l'enquête, a-t-on appris de source proche du dossier. Il s'agit de la première audition de ce proche de Nicolas Sarkozy dans cette affaire de dénonciation calomnieuse. L'audition s'est déroulée en présence de son avocate, Me Gesche Le Fur.
M. Hortefeux s'est constitué partie civile le 24 juillet après avoir "appris par la presse le contenu d'extraits d'audition concernant l'affaire dite Clearstream, selon lesquels il aurait prétendument détenu un compte à l'étranger", avait-il précisé dans un communiqué, évoquant des "allégations totalement mensongères". Lors d'une audition le 18 juillet par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, l'ancien vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin avait affirmé qu'Imad Lahoud --soupçonné d'être le falsificateur des listings bancaires de la chambre de compensation Clearstream sur lesquels sont apparus les noms de plusieurs hommes politiques, dont celui de Nicolas Sarkozy-- lui avait confié que Brice Hortefeux disposait d'un compte chez Clearstream. M. Hortefeux "a été présenté à mon sens début février (2004, ndlr) par M. Lahoud comme bénéficiant d'un compte Clearstream 80082 ouvert à la banque populaire de Bergame", avait affirmé M. Gergorin aux juges. Le ministre était à l'époque député européen et l'un des plus proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy, visé par une tentative de déstabilisation à travers ces faux listings bancaires. Cette audition de Jean-Louis Gergorin faisait suite à la mise au jour de notes du général Philippe Rondot lors d'une expertise sur son ordinateur. Dans l'une d'elles, ce témoin-clé de l'affaire faisait référence à une conversation qu'il aurait eue en juin 2004 avec Imad Lahoud, au cours de laquelle ce dernier lui a affirmé que M. Gergorin avait reçu de M. de Villepin l'instruction, venant du président Jacques Chirac, de "balancer Nicolas Sarkozy". Ces notes avaient conduit les juges à mettre en examen l'ex-Premier ministre le 27 juillet pour "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol et d'abus de confiance et complicité d'usage de faux". M. de Villepin nie avoir participé à une "quelconque manoeuvre politique".
|