|
PARIS, 14 oct 2007 (AFP) - Dominique de Villepin a reconnu dimanche que Bercy et Matignon avaient été informés à l'avance par Arnaud Lagardère de son intention de céder des titres EADS mais il a affirmé qu'il ne s'agissait que d'une "information préalable".
Interrogé lors du Grand jury RTL/Le Figaro/LCI, l'ancien Premier ministre a souligné qu'il fallait distinguer cette "première étape" de la "deuxième opération", concernant "les conditions d'achat par la Caisse des dépôts de ces titres vendus par le groupe Lagardère". "C'est vrai que les services d'Arnaud Lagardère sont venus voir Bercy puis Matignon (...) pour leur dire: +nous avons l'intention de céder ces titres et nous voudrions savoir si l'Etat est disposé à en faire de même pour ce qui le concerne+", a-t-il expliqué. "Nous avons indiqué à Arnaud Lagardère que l'Etat ne souhaitait pas vendre ses propres titres", a insisté M. de Villepin. "Les modalités mêmes de la cession relèvent du ministère des Finances, en liaison avec la Sogeade, et cette opération, techniquement, a été parfaitement montée et est tout à fait irréprochable", a-t-il assuré. S'agissant de la "deuxième opération", l'ancien Premier ministre a réaffirmé: "Nous n'avons jamais été informés par la Caisse des dépôts". Il a reconnu qu'une "note mémorandum" avait été envoyée par le groupe Lagardère "à Bercy, au début de l'année 2006, comme aux services de Matignon". "Cette note portait sur l'opération de cession", a-t-il dit, et "évoquait l'intérêt d'un groupe d'investisseurs qui comprendrait différents établissements financiers institutionnels français (...), dont la Caisse des dépôts". Cette note, a-t-il indiqué, "nous l'avons envoyée en décembre 2006 à l'Autorité des marchés financiers", qui instruisait sur une présomption de délit d'initiés. Selon l'inspection générale des finances, a-t-il rappelé, évoquant le rapport commandé par la ministre de l'Economie Christine Lagarde, "la participation de la Caisse des dépôts à un tel tour de table ne pouvait en aucune façon mériter une attention particulière de la part des services compétents du ministère de l'Economie et des Finances et, a fortiori donc, de la part des services de Matignon". La CDC est "un établissement investisseur" qui "intervient en toute autonomie. Il n'y avait là rien de particulier qui puisse alerter les services de l'Etat", a souligné M. de Villepin. Pour lui, "la vrai polémique, c'est: +est ce qu'il y avait des informations spécifiques de la part des uns et des autres concernant les problèmes industriels que rencontrait Airbus+?". "Jamais nous n'avons été informés d'aucun élément concernant cette situation, industrielle, (...) d'éléments qui pouvaient peser sur le cours de l'action", a-t-il martelé. "L'Etat est tout à fait en dehors de ces polémiques. (...) Sont concernés ceux qui ont effectué une transaction. L'Etat n'a vendu aucune action".
|