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L'ex-maire de Cannes, Michèl Mouillot, avait déposé plainte contre le magistrat à l'origine de son incarcération en l'accusant de « trafic d'influence »
L'une après l'autre, tombent les procédures à l'encontre du juge Jean-Pierre Murciano. Admiré par certains, décrié et détesté par une partie des milieux judiciaires, le turbulent magistrat instruisit à Grasse de gros dossiers politico-financiers avant de se voir cantonné à un rôle plus effacé. De 1999 à l'an 2000, il avait fait l'objet d'un renvoi devant le Conseil supérieur de la magistrature, d'une mise en examen et d'une plainte.Dans le premier cas, relatif à la transmission à Bernard Tapie d'informations sur le Crédit Lyonnais, une réprimande lui a été infligée par l'instance disciplinaire. Elle a été annulée en septembre 2003 par le Conseil d'Etat. Jean-Pierre Murciano a également été poursuivi pour « faux en écriture publique » dans l'affaire des poseurs de bombes des foyers Sonacotra. Fin 2003, il a obtenu un non-lieu. Depuis novembre 1999, il était enfin visé par une plainte pour « trafic d'influence » déposée par Michel Mouillot.L'ancien maire de Cannes soutenait que Jean-Pierre Murciano, à l'origine de son incarcération durant l'été 1996, « n'avait pu mener en toute impartialité ses investigations ». Plus précisément, le juge était accusé d'avoir fait embaucher sa compagne par l'un des mis en examen, Nessim Gaon, propriétaire de l'un des casinos cannois dont la direction est soupçonnée d'avoir remis des enveloppes au maire de l'époque.Dès le début, Jean-Pierre Murciano avait démenti et dénoncé « une opération de déstabilisation visant à lui retirer le dossier ». Saisie en parallèle, la cour d'appel d'Aix estimait le 6 septembre 2001 que « la preuve d'un trafic d'influence n'était pas rapportée ». Trois ans plus tard, le juge parisien Jean-Louis Periés parvient à la même conclusion. « Aucun élément, conclut-il, ne vient accréditer la thèse d'une entente entre M. Murciano et Gaon, laissant présumer des faveurs réciproques ». L'un et l'autre, qui possédaient le statut de témoin assisté, bénéficient donc d'un non-lieu. Une satisfaction « mitigée » Jusqu'ici, Michel Mouillot n'a négligé aucune voie de recours. Condamné en juin à Grasse à trois ans de prison et dans l'attente à Nice d'un second procès, l'ancien golden boy de la Croisette fera-t-il appel de l'ordonnance du juge parisien ? Ni lui ni son avocat lyonnais, Me François Saint-Pierre, n'ont pu être joints hier. A Grasse, Jean-Pierre Murciano affichait une satisfaction « mitigée ». « Bien sûr, je suis content. Reste que le but recherché a été atteint. J'ai dû abandonner l'instruction du dossier (N.D.L.R. : après dessaisissement par la cour de cassation) et me défendre pendant cinq ans contre Michel Mouillot ». « Selon une technique déjà utilisée, ajoute son conseil, Me Patrick Rizzo, il s'agissait de discréditer un magistrat qui fait son travail et d'entraver le fonctionnement de la justice ». Source: Nice Matin
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