Les ex-ministres Michel Giraud et Michel Roussin condamnés Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
26-10-2005

Le verdict est tombé mercredi dans l’affaire des marchés publics d'Ile-de-France sur le financement illégal des partis politiques. Michel Giraud, l'ex-président RPR du conseil régional, a été condamné à quatre ans avec sursis et cinq ans de privation de droits civiques. Même peine pour Michel Roussin, ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris. Gérard Longuet, sénateur UMP de la Meuse, a été relaxé.

C’est l’un des plus importants dossiers de financement occulte des partis politiques par des entreprises du bâtiment et des travaux publics. Le tribunal correctionnelle de Paris a rendu son verdict mercredi (26 octobre) en début d’après-midi dans l'affaire de corruption visant les marchés de construction de lycées en Ile-de-France entre 1989 et 1995. Pas moins de 47 personnes étaient poursuivies. Les peines les plus lourdes avaient été requises à l'encontre des hommes politiques poursuivis dans ce dossier, Michel Roussin, Michel Giraud, Gérard Longuet et Guy Drut, tous quatre anciens ministres.
Michel Roussin, l’ancien bras droit de Jacques Chirac à la mairie de Paris et Matignon, a été condamné à quatre ans de prison avec sursis, 50.000 euros d'amende et cinq ans de privation des droits civiques. L’ex-ministre de la Coopération, 66 ans, devait répondre de "complicité et recel de corruption". Une peine relativement conforme au réquisitoire prononcé à l’audience, en juin dernier, outre la demande de 100.000 euros d’amendes. Michel Roussin est condamné pour son rôle dans l'organisation d'un système de corruption entre 1989 et 1995. Dans ses réquisitions, le substitut du procureur Henri Génin avait souligné ses liens avec l'actuel locataire de l'Elysée et ironisé sur son silence. "Il est le majordome de l'Hôtel de Ville, à la bouche cousue de fil blanc", avait-il lancé.
Poursuivi pour "corruption", Michel Giraud écope d’une peine similaire. L'ex-président RPR du Conseil régional d'Ile-de-France et ex-ministre du Travail (1993-1995), 76 ans, est condamné à quatre ans de prison avec sursis, 80.000 euros d'amende et cinq ans de privation des droits civiques. Le parquet avait requis à son encontre quatre ans de prison dont trois avec sursis, 100.000 euros d'amende et cinq ans de privation des droits civiques, civils et de famille. A l’audience, il a notamment reconnu avoir remis en 1995 deux millions de francs en espèces à François Donzel, un élu écologiste au Conseil régional. Il affirme avoir exécuté une demande du gouvernement Balladur pour le financement politique des écologistes. L’accusation pense, elle, qu'il a en fait utilisé l'argent de la corruption afin d'"acheter" des voix écologistes pour le vote de son budget régional. François Donzel est condamné à à trois ans d'emprisonnement dont un ferme, 50.000 euros d'amende et cinq ans de privation des droits civiques, civils et de famille.

Relaxe pour Longuet 

Le tribunal a prononcé une peine de prison de 15 mois avec sursis et 50.000 euros d'amende à l’encontre du champion olympique et député UMP Guy Drut, 54 ans. Le champion olympique du 110 mètres haies en 1976 et ministre des Sports entre 1995 et 1997 était poursuivi pour un emploi fictif octroyé entre juin 1990 et février 1993 par l'entreprise de bâtiment et travaux publics Sicra, ce qui était, selon l'accusation, une des formes de paiement de la corruption. Louise-Yvonne Casetta, l'ex-trésorière occulte du RPR, écope de vingt mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende ; en décembre 2004, elle avait été condamné à 10 mois de prison avec sursis dans l'affaire des emplois fictifs du RPR.
Un prévenu s’en sort plutôt bien : il s’agit de Gérard Longuet. Contre l'avis du parquet, l'ancien président du Parti républicain a, en effet, été relaxé. Celui qui fut ministre de l'Industrie entre 1993 et 1994 était poursuivi pour "complicité et recel de corruption" pour son rôle supposé dans le système en qualité d'ancien président du PR. Le parquet avait réclamé contre lui trois ans de prison avec sursis, 100.000 euros d'amende et cinq ans de privation des droits civiques, civils et de famille. Gérard Longuet, 59 ans, était le seul chef de parti poursuivi dans cette affaire de financement politique illégal.
Au titre du Parti socialiste, le seul prévenu était Gérard Peybernès, 68 ans, ancien président de l'association de financement officielle du parti. Il a été sanctionné de 15 mois de prison avec sursis et d'une amende.

Source: RTL.fr Loic Farge 



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