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PARIS, 18 juil 2007 (AFP) - L'ancien directeur du Muséum national d'histoire naturelle, Henry de Lumley-Woodyear, sera jugé en octobre à Paris avec deux (bien deux) autres responsables de l'établissement culturel pour "favoritisme", a-t-on appris mercredi de source judiciaire.
Comme le révèle Le Parisien, M. de Lumley-Woodyear, 73 ans, paléontologue de renommée internationale membre de l'Académie des sciences, est soupçonné d'avoir favorisé des entreprises dans l'attribution de marchés du Muséum lorsqu'il le dirigeait de 1994 à 1999. Marie-Christine Kronefeld, alors chef de la division des affaires intérieures et des marchés, qui est aussi renvoyée devant le tribunal, a affirmé durant l'enquête que l'absence de lancement d'appels d'offres était "une pratique largement tolérée" du directeur.Selon l'avocat de M. de Lumley-Woodyear, Me Alexandre Varaut, son client "a été abusé par des gens de son entourage parce qu'il n'avait ni la formation ni le temps disponible pour lui permettre de scruter dans le détail les marchés publics", a-t-il déclaré à l'AFP. Philippe Marson, ex-responsable du service bâtiment et sécurité de la grande galerie de l'Evolution à Paris, l'un des sites-phare du Muséum, devra aussi se présenter devant la justice les 22, 23 et 24 octobre, a-t-on appris de sources judiciaire et proche du dossier.Selon les investigations de la juge Dominique de lancé, la majorité des "irrégularités" ont eu lieu pour des marchés de surveillance, de sécurité et de maintenance de climatisation de la grande galerie par le biais d'"interventions" du service dirigé par M. Marson afin de "fausser le jeu de la concurrence". Une information judiciaire a été uverte en janvier 2000 sur la base d'un audit de l'Inspection générale des finances de décembre 1999. Le rapport soulignait le non-respect des règles de publicité dans la passation des marchés auxquelles doit se soumettre un établissement à caractère scientifique, culturel et professionnel tel que le Muséum mais aussi la modification de ces marchés au cours de leur mise en oeuvre. Le code pénal prévoit deux ans de prison et 30.000 euros d'amende pour favoritisme". Six entrepreneurs, bénéficiaires présumés des marchés frauduleux encourent cinq ans de prison et 375.000 euros d'amende pour "recel de favoritisme". Le tribunal se penchera egalement sur le cas du muséologue Hubert Bari soupçonné d'avoir bénéficié pendant dix ans d'un emploi fictif au sein du Muséum. M. Bari a reconnu les faits durant l'instruction expliquant qu'il avait travaillé pour son compte à l'organisation d'expositions financées par le privé. Il devra répondre de "détournements de fonds publics" pour un préjudice de 1.290.000 francs (196.600 euros) entre 1989 et 1999, un délit punissable de dix ans de prison et 150.000 euros d'amende.
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