PARIS, 26 juin 2008 (AFP) - Un ancien membre de la Direction de la surveillance du terrioire (DST, contre-espionnage), consultant, et un ancien cadre supérieur de la Direction des chantiers navals (DCN devenue DCNS) ont été mis en examen à Paris dans une enquête visant cette société d'armement naval pour espionnage et corruption, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.
Claude Thevenet, ancien de la DST et cofondateur de la société d'intelligence économique MJM Partners, a été mis en examen mercredi pour "corruption active", "recel de violation du secret professionnel", "recel de violation du secret de l'instruction" et "recel d'abus de biens sociaux" et placé sous contrôle judiciaire. M. Thevenet est soupçonné d'avoir fait effectuer des enquêtes sur des dossiers judiciaires sensibles, dont l'affaire des frégates de Taïwan, pour le compte de la DCNI, la branche commerciale de l'ex-DCN, selon cette source, confirmant une information du site internet bakchich.info. Il aurait ainsi eu recours à d'anciens collègues pour obtenir des pièces de procédure judiciaire et des documents fiscaux. L'autre cofondateur de MJM Partners, placé en garde à vue, a été remis en liberté jeudi sans charge retenue contre lui. La mise en examen de M. Thevenet fait suite à celle de Gérard-Philippe Menayas, un ancien directeur financier et administratif de la DCNI. Il est soupçonné d'avoir été donneur d'ordre à des sociétés d'intelligence économique pour recueillir les informations. Devant les juges Jean-Christophe Hullin et Françoise Desset, M. Menayas a reconnu le recours à des "sociétés d'intelligence économique pour qu'elle s'intéressent à des dossiers sensibles, dont le dossier Thalès", a-t-on confié de source judiciaire. Ancêtre de la DCNS, la DCN est détenue à 75% par l'Etat et à 25% par Thalès. Elle produit des navires de guerre, dont les six frégates furtives vendues par Thomson-CSF (ancêtre de Thalès) à Taïwan en 1991, contrat pour lequel la justice a enquêté sur le versement de commissions occultes.
|