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PARIS, 4 juin 2008 (AFP) - Les responsables présumés de la faillite de Telecom City, société de téléphonie mobile cotée au second marché en 2000 et coulée deux ans plus tard par d'importantes malversations financières, comparaissent depuis mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris.
Sur les sept personnes renvoyées devant le tribunal, dont un ancien PDG de Telecom City et son directeur commercial, cinq étaient présentes mercredi matin. Le procès doit s'achever vendredi soir et le tribunal mettre sa décision en délibéré. Durant ces trois journées d'audience, la 11e chambre se concentrera exclusivement sur le volet financier, le volet criminel faisant l'objet d'une seconde instruction pour assassinat: Félix Lévy, le dirigeant de Lux Entreprise, l'un des clients de Telecom City, a été abattu en novembre 2002 par deux hommes à moto alors qu'il buvait un café dans un bistro parisien, victime semble-t-il de rivalités entre deux clans pour le contrôle de Telecom City. Société de produits et de services de téléphonie mobile lancée en 1996, Telecom City entre sur le second marché en avril 2000. En 2001, son chiffre d'affaires atteint quelque 60 millions d'euros. Mais la "success story" s'achève bien vite, l'entreprise devant déposer le bilan quelque deux ans plus tard. Selon les enquêtes menées alors par l'Autorité des marchés financiers (AMF) et la police, Telecom City aurait été pillée par certains de ses dirigeants qui auraient notamment détourné du matériel avec la complicité de sociétés, dont la Lux entreprise, en sachant qu'elles ne le paieraient pas. A ce titre, l'accusation juge "primordial" le rôle de Yohanan Eligoola, dit "Yasha", un Israélien "qui a financé la création de Lux Entreprise". Outre l'émission de ces factures douteuses, qui ont conduit à la déconfiture de Telecom City, il est reproché à José Macia, PDG de Telecom City jusqu'en juillet 2000, puis de juillet 2001 à janvier 2002, de graves irrégularités comptables. Malgré ses dénégations, pour l'accusation, même lorsqu'il était absent des commandes, "rien ne se faisait sans son accord". Interrogé par les magistrats de la 11e chambre, M. Macia a estimé mercredi qu'il n'était pas responsable des faits qui lui sont reprochés. "Il y avait déjà des problèmes comptables avant mon arrivée" à la présidence, a-t-il indiqué. Egalement poursuivi pour diffusion de fausse nouvelle et pour certaines cessions de titres, il a assuré qu'"en aucun cas, il n'avait envoyé ce communiqué de presse pour maintenir le cours de bourse". L'accusation pointe également le rôle "important et central" de Maurice Benchetrit, directeur commercial de janvier 2000 à novembre 2001, qui devrait être entendu jeudi. Sont aussi poursuivis deux Chinois, Phone Tiang Boun et Phone Tiang Khan Seng, dirigeants de sociétés sous-traitantes qui auraient aidé aux malversations, le président de Lux Entreprise, Michel Elgrably et Dov Zerah, membre du clan Levy mais employé à Telecom City.
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