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PARIS, 2 juin 2008 (AFP) - Le parquet a fustigé lundi "le pillage" des sociétés par les réseaux de blanchiment auteurs d'un vaste trafic de chèques et d'espèces entre la France et Israël à la fin des années 1990, lors de la première matinée de réquisitoire au procès dit du "Sentier II".
Cent cinquante et un prévenus, dont quatre banques, sont jugés depuis février pour des détournements de fonds sur la base d'abus de biens sociaux ou blanchiment. Le réquisitoire, entamé lundi matin, doit se poursuivre jusqu'à mardi soir devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris. L'un des trois procureurs à l'audience, Michel Maes, a décrit lundi matin "une vaste machine multiforme destinée à encaisser et décaisser d'importantes sommes d'argent, dont une grande partie à l'étranger" et toujours d'origine frauduleuse: fraude fiscale, fausses factures, retraits d'espèces injustifiés, chèques volés, détournements de dons. D'un ensemble disparate, formé par six réseaux de blanchiment, le parquet a rassemblé "les pièces du puzzle" pour aboutir à "un ensemble cohérent". La procureure Chantal de Leiris a décrit les méthodes communes aux différents réseaux, de la création de "sociétés écrans" à la "vie très courte" pour ne pas attirer l'attention des services fiscaux, en passant par un "embryon de comptabilité" et des "gérants de paille". Dénonçant "un véritable pillage", la représentante du parquet a lancé aux prévenus, majoritairement présents pour ces deux jours de réquisitoires, hormis certains organisateurs présumés des réseaux en fuite, que "s'il n'est pas interdit de retirer des espèces des comptes de sociétés, encore faut-il que ces retraits soient limités et justifiés".
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