Un marchand d'art et un expert parisiens condamnés pour escroquerie Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
28-05-2008
PARIS, 28 mai 2008 (AFP) - Relaxés en première instance, un marchand d'art et un expert parisien ont été condamnés mercredi par la cour d'appel de Paris à des peines de prison avec sursis pour avoir participé à une escroquerie dans une affaire de faux tableaux.
Tandis que Jean-Marc Aouizerat s'est vu infliger deux ans de prison dont 9 mois ferme, et 50.000 euros d'amende, André Gombert, 64 ans, marchand du quartier Drouot, et Alain Latreille, 59 ans, expert réputé, ont été condamnés à respectivement 18 et 9 mois d'emprisonnement avec sursis. Les trois hommes devront en outre rembourser solidairement quelque 3 millions d'euros aux trois victimes, parties civiles au procès. Une décision qui "ravissait" mercredi Me Clarisse Serre, dont le client, Xavier Guerrand-Hermes, avait été débouté en première instance.
   Abusé par les trois complices, ce membre de la famille Hermes avait acquis quatre tableaux qu'il pensait être de Carrache, Brueghel, Raphaël et Guido Reni, le tout pour une somme avoisinant les 2,4 millions d'euros.
   Or, contrairement aux affirmations des prévenus, les expertises judiciaires ont montré que ces tableaux étaient des faux ou des oeuvres "appartenant à l'école de", relève Me Serre, ajoutant: "S'ils avaient été authentiques, pourquoi auraient-ils eu recours à une telle mise en scène?".
   Mercredi, la 9e chambre de la cour d'appel a finalement considéré que M. Aouizerat, avec l'aide de MM. Gombert et Latreille, avait bien, entre 1998 et 2002, mis en place "un réseau parallèle de vente de tableaux".
   Se faisant appeler "Monsieur Edouard", Jean-Marc Aouizerat exposait dans un luxueux appartement parisien des toiles qui lui avaient été confiées par M. Gombert et qu'il faisait passer, auprès de fortunés acheteurs, pour une collection privée issue d'un héritage. Il disait avoir des difficultés financières et devoir se dessaisir d'une partie de certaines pièces.   D'après l'enquête, M. Gombert laissait toute liberté de négociation à M. Aouizerat, avec pour seule contrainte de ne pas descendre en dessous d'un prix plancher. Afin de mettre les acheteurs en confiance, explique la cour dans son arrêt,
M. Aouizerat faisait intervenir M. Latreille, expert près la cour d'appel de Paris, qui "les assurait oralement de la qualité de l'oeuvre", et confirmait "les affirmations mensongères de M. Aouizerat sur l'authenticité et la valeur des oeuvres en cause".


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