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BOBIGNY, 27 mai 2008 (AFP) - Deux ex-salariées d'un Institut médico-éducatif (IME) de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) ont comparu mardi devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour des détournements de fonds évalués à plus de 200.000 euros, présentés par les prévenues comme des "prêts sur salaires".
Licenciées fin 2006, Nelly Jakubowicz, 55 ans, directrice arrivée en 2000, et Martine Bardet, 56 ans, secrétaire de direction depuis 1994, ont reconnu s'être octroyé entre 2001 et 2006 des "prêts sur salaires" sur le budget de l'IME Ambroise-Croizat et avoir partiellement remboursé ces sommes. Elles contestent cependant le montant de 226.000 euros de retraits liquide et virements calculé par la Direction des affaires sanitaires et sociales et estiment ne plus devoir chacune que quelques dizaines de milliers d'euros. Selon la caisse primaire d'assurance-maladie, partie civile, 171.000 euros restent dus. "Ce n'était pas un détournement mais des prêts", "je rendais sur mon salaire", a fait valoir l'ancienne directrice qui affirme que ses "instances hiérarchiques" et le comptable étaient au courant. Pour le procureur, il s'agit de retraits illégaux. Il a requis 18 mois avec sursis à l'encontre des deux femmes, avec une mise à l'épreuve de trois ans. Il a également demandé la condamnation à un an de prison avec sursis de Denise Audouard, 71 ans, directrice bénévole à l'époque de l'Apajh (Association pour adultes et jeunes handicapés), l'association qui gérait l'IME depuis 1975. Le tribunal rendra sa décision le 17 juin. Jugée pour complicité, Mme Audouard, ancienne maire-adjointe de Saint-Ouen est accusée d'avoir donné son accord en 2004 pour un prêt de 43.000 euros, ce qu'elle nie. Le procureur lui a reproché d'avoir "fermé les yeux" et avoir manqué à son obligation de vérifier dans le détail les comptes. Selon la défense, l'Apajh et la DDASS, autorité de tutelle de l'IME, avaient les moyens de déceler les prélèvements anormaux, qui étaient inscrits par le comptable dans la rubrique "Avances acomptes au personnel". L'Apajh, partie civile, a dédouané Mme Audouard de toute faute, ne réclamant que la condamnation de Mmes Jakubowicz et Bardet.
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